Tennis L’entraîneur sait que son joueur est actuellement dans le rouge.

Thierry Van Cleemput voit bien que David est fatigué, mais il croit possible de le voir performant à Londres. Et l’entraîneur va aussi se servir de ce Masters comme d’un tremplin pour Lille.

Qu’avez-vous pensé de ce match où on a senti David très fatigué ?

"Je ne vais même pas analyser le match. Il n’y a pas d’analyse du match à avoir. J’espérais un miracle, je me suis dit que c’était possible après les deux premiers jeux et les balles de break. Bon, Benneteau a bien joué… Mais il n’y avait tout simplement plus rien du tout dans les intentions, pas d’enchaînements… Mais il n’y a plus rien depuis un moment, depuis la tournée asiatique : quand on est revenu, on savait bien qu’il était complètement cuit. Et vous allez me dire : pourquoi on n’a pas coupé ?"

Pourquoi ?

"On a été piégé par la réussite entre Shenzhen et Tokyo. Et puis, Anvers est un tournoi très important, on veut le supporter : on n’en a qu’un en Belgique ! On a tenu nos engagements, on n’a pas planté Anvers. On a assumé. À Bâle, après son premier tour, je lui ai dit d’arrêter, mais il m’a dit : ‘Non, je veux jouer’ . Je lui ai répondu : ‘OK, mais, alors, tu joues à 100 %’ et il s’est sorti les tripes. Il s’est retrouvé en demi-finales : on prend."

Qu’en est-il de ce satané genou gauche ?

"Ce problème n’est pas réglé et ne se réglera pas tant que ce ne sera pas la fin de saison et qu’il n’y aura pas un repos complet. Il peut jouer fonctionnellement, mais il doit jouer sous antidouleurs avec un système de contention. Moi, c’est ma grosse inquiétude. Il y a un hématome entre le tendon et l’os et tant que David jouera, ça ne peut pas se résorber."

Et maintenant, il faut tenir à Londres et à Lille…

"Là, il est cuit, il a besoin de se reposer, de se changer les idées. C’est tout à fait humain. On savait qu’on faisait un programme qui allait nous envoyer à certains moments au casse-gueule, mais on l’assumait. Donc, il n’y a pas de regrets. Il lui manque deux mois de compétition et il y a un mois où il a joué sur une jambe ! Là, on a neuf jours devant nous : il peut mettre la raquette de côté quatre ou cinq jours car ce qui est moteur aussi, c’est la motivation qui pousse à être lucide, ce que malheureusement David n’a absolument plus pour l’instant. On va prendre Londres comme une expérience, mais aussi comme une opportunité car dans les joueurs de ce Masters, il y en a que David peut battre. Et ce sera la préparation idéale pour la Coupe Davis. On n’est pas favori, mais on va tout faire pour leur pourrir la vie : ils veulent cette Coupe Davis, qu’ils la méritent."