Tennis Tennis La Belge, qui a fait son coming out, souffre de quelques pépins physiques.

Cette défaite face à Yulia Putintseva (6-0,2-6,6-2), Alison Van Uytvanck la prend avec philosophie. C’est sa troisième défaite en autant de duels face à elle. "Elle joue lourd, un peu lentement, remet la balle, court. Elle fait rien mais elle fait beaucoup !, lâche-t-elle. "Ici en plus ce n’est pas très rapide donc pour elle c’est bien. J’aimerais mieux jouer contre elle à l’intérieur qu’à l’extérieur."

Non, le plus gros souci du moment pour la récente championne de Budapest, c’est ce taux de fer en chute libre. "Je ne me sentais pas très bien après Budapest donc j’ai fait une prise de sang et mon fer est vraiment bas. Je sentais que je manquais d’endurance, que j’étais fatiguée. Là ça va un peu mieux mais je n’étais pas au top encore. C’est la première fois que ça m’arrive. J’ai commencé le traitement mais ça prend deux semaines à faire effet."

L’actuelle 50e mondiale va rester encore un peu sur place avant Miami. "C’est dommage que chez les femmes il n’y ait pas un tournoi entre Indian Wells et Miami. A Budapest, j’ai vraiment bien joué, je me sentais bien. Ok là j’ai perdu mais il faut voir le côté positif aussi. Et puis je ne vais pas toujours gagner, je suis un être humain."

Courage

A 23 ans, Van Uytvanck a fait preuve de maturité et de courage en changeant de structure d’entraînement et aussi en faisant son coming out. Du coup, ça l’agace qu’on demande souvent pourquoi elle a mis tant de temps à retrouver son jeu.

"C’est facile à dire… Il y avait des trucs à gérer mentalement… Et puis je me suis séparée de la fédération, en bons termes, parce que j’avais besoin de changer un peu. Cela m’a aidée aussi de bien jouer en Fed Cup, d’être un peu plus relâchée, de juste jouer. Tout le monde me dit toujours ‘Ah mais pourquoi ce n’est pas possible de faire tout ça plus tôt…’ Mais je ne suis pas un robot, j’ai aussi des émotions… Les gens ne comprennent pas, pensent que tu es toujours en vacances. Tu ne vois que des hôtels, des terrains, des aéroports. A un moment, tu en as marre qu’on te pose des questions, tu veux juste être seule."

Comment a-t-elle retrouvé l’envie de jouer ? "En prenant le temps de penser. Je suis partie chez ma copine après l’Open d’Australie. J’ai pensé pendant dix jours et en revenant j’ai pris des décisions qui m’ont aidée. Parfois il faut être toute seule et penser, être toi-même."

Et elle l’a été avec cette révélation sur sa vie privée. "Je me sens bien, je suis heureuse. Je me fous de ce que les autres pensent. Et ça m’aide aussi sur le terrain. On n’est pas malade… Si tu es heureuse, il faut le montrer aussi. Je suis contente d’avoir fait ça. J’ai reçu beaucoup de réactions positives, aussi d’autres joueuses. Elles ont dit qu’elles étaient contentes pour moi."