Wimbledon a ses secrets

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Tennis

Ah ces Anglais... leur flegme légendaire, leur fierté insulaire et leurs traditions séculaires. Comme toute institution de Grande-Bretagne, le tournoi de Wimbledon ne déroge pas à la règle des principes, ou plutôt aux règles de principe.

Car des règles, à Wimbledon, il y en a une flopée. Et nul doute que cela participe à la renommée du plus ancien tournoi du monde fondé en 1877.

La plus visible et la plus connue est l’obligation qui est faite aux joueurs de s’habiller de blanc, chaussures comprises. Et inutile de vouloir déroger à la règle, même aux entrainements ! Notre compatriote David Goffin en a fait l’expérience la semaine dernière, en devant ranger son t-shirt dans son short, histoire d’ôter la bande bleue qui y était présente. Si certains arbitres peuvent se trouver plus cool et admettre quelques touches bariolées, cette règle n’est pas au goût de tous. En 1985, Ann... White (véridique !), en a profité pour enfiler lors d’un match une tenue intégrale et bien moulante en lycra blanc. Inutile de vous dire que les Londoniens ont dû avaler leur thé de travers. André Agassi a quant à lui préféré boycotter le tournoi. Le joueur américain aux couleurs fluo ne pouvait admettre cette exigence, et puis, avouons-le, n’était pas un grand fan du jeu sur gazon.

Autres traditions qui résistent aux audiences télé ou à la pression financière, sont l’interdiction de jouer des matches le premier dimanche du tournoi (sauf quand la pluie a provoqué de grands retards dans la programmation), et l’absence presque totale de publicité dans les enceintes de cours. Seuls Rolex sur les tableaux d’affichage et Slazenger ont reçu les grâces du All England Lawn Tennis and Croquet Club (l’organisateur) pour y afficher leurs couleurs.

Par contre, sur le légendaire Court Central, un box est prêt pour la venue de la famille royale. Les joueurs doivent d’ailleurs s’incliner en cas de présence du Monarque ou du Prince de Galles.

Malheureusement, vous avoueront les plus nostalgiques, certaines traditions s’effilochent au fil du temps. Depuis 2009 la mention Miss ou Mrs ne précède plus le nom des joueuses sur le tableau d’affichage, et les joueurs quittent de moins en moins le court en même temps, ce qui était pourtant la coutume. Il n’y a décidément vraiment plus de jeunesse... Même les vestes des arbitres et ramasseurs de balles qui étaient toujours en vert foncé (l’une des deux couleurs officielles du tournoi avec le violet) ont disparu. La couleur est aujourd’hui dictée par Ralph Lauren qui habille tout le monde, et a choisi des vestes bleu-marine et crème.

Allé, pour vous rassurer, on vous servira tout de même les célèbres fraises à la crème justement. Cette ultime tradition est une autre célébrité du tournoi. On la dit introduite par George V lui-même. Lors des dernières éditions, ce sont chaque année 28 tonnes de fraises et 7000 litres de crèmes qui sont consommés durant deux semaines. Et on peut remercier les dizaines d’employés qui font, chaque matin, la cueillette du fruit rouge dans les fermes aux environs de Londres.

Enfin, on ne fera pas l'affront au pays des jardins, de ne pas louer la précision du gazon britannique. Chaque brin d'herbe fait exactement 8 millimètres et une multitudes de spécialistes sont là pour veiller au grain. Depuis quelques années d'ailleurs les organisateurs du tournoi ont décidé de changer d'herbe, elle est aujourd'hui légèrement plus longue qu'avant et beaucoup plus grasse. Résultat: la surface est beaucoup moins rapide qu'avant, le sol est plus dur et le rebond plus haut. Quant aux faux rebonds ils sont bien moins nombreux. Certains crient au scandale mais un match à Wimbledon reste un match à Wimbledon : chic, classe et passionnant.

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