Finances Un parcours atypique
Peu avant de décrocher son diplôme d’ingénieur commercial de la Solvay Business School, en 2003, Giles Daoust participe à un concours de « business plan », où il présente un projet de société de production de films. Comme il remporte le premier prix, il fonde cette société, Title Media, avec Alain Berliner, un réalisateur déjà connu grâce au film « Ma vie en rose ». La sart-up, spécialisée dans les films fantastiques, produit trois à quatre longs métrages par an. « Au début de ma carrière, je n’étais pas du tout intéressé par l’entreprise familiale car je n’avais pas le temps. Je devais piloter ma sart-up et la faire démarrer. En 2009, la société avait pris son rythme de croisière et mon père, étant entré dans la soixantaine, a commencé à se poser des questions quant à sa succession. J’ai fait le choix de rejoindre Daoust tout en gardant Title Media » explique-t-il.

« Mon père ne m’a jamais forcé mais m’a toujours dit que la porte était ouverte »
Giles Daoust intègre l’entreprise familiale en 2010, il a 30 ans. Cela se fait progressivement car il y a une possibilité que cela ne lui plaise pas ou que père et fils n’arrivent pas à travailler ensemble. Il raconte « Au début, j’ai dirigé le département marketing ce qui était tout à fait logique puisque c’était en lien avec mes études et l’audiovisuel. Comme tout se passait bien, on a progressivement élargi mes responsabilités. J’ai eu la possibilité de construire ma crédibilité auprès du personnel ». Son père avait eu une idée très maligne. Quand Giles a fini ses études, Il lui a demandé de venir chaque année au banquet de la société pour qu’il connaisse les employés et la culture de l’entreprise. En 2015, Jean-Claude Daoust passe le flambeau à son fils. Giles poursuit « Comme nous sommes très proches, mon père et moi, nous fonctionnons de manière tout à fait transparente. Après 40 ans de carrière, il me donne des conseils très utiles. Quand nous avons remporté le Prix de l’Entreprise de l’Année 2016 (Ernst & Young), il y a eu un déclic pour tout le monde. La transition était faite. Le prix nous l’avons gagné à deux parce qu’il récompensait tout le travail que mon père a réalisé durant 40 ans et la réussite de la transition ».
La société a beaucoup grandi en 20 ans : croissance à deux chiffres tous les ans, depuis cinq ans. Daoust a ouvert énormément d’agences. Aujourd’hui, il y en a une cinquantaine dans les trois régions du pays. Le nouveau CEO ne voulait pas que le visage de l’entreprise change, il a voulu forger son image avec deux phrases.

« Welcome to the family »
« Nous faisons vivre une forte culture d’entreprise familiale et d’entreprenariat. Nous travaillons dans le respect des valeurs humaines, sociétales, environnementales et de diversité ».

« We love solutions »
« Nous sommes là pour trouver des solutions pour nos clients mais aussi pour les candidats. Quand ils passent notre porte, ils sont à la recherche d’un emploi donc d’une solution ».

Pour une transmission réussie
Quand Albert Daoust a créé son entreprise, en 1954, il était un pionnier de l’intérim. Ses fils et petit-fils, l’ont intégrée après avoir fait leurs armes autre part. Giles Daoust estime que pour une transmission réussie, il faut laisser le choix aux enfants mais, les y préparer. Ils doivent être prêts à rentrer au bas de l’échelle, s’il le faut. Ils doivent réaliser qu’ils ont une grande chance d’avoir l’opportunité de rentrer dans une société que leur famille a créée.
« J’ai deux filles qui sont encore très jeunes. J’aurai la même attitude que mon père. Elles feront ce qu’elles voudront. Je ne les forcerai jamais. J’ai rejoint l’entreprise pour préserver l’œuvre de mon père et de mon grand-père. Mon objectif est de pérenniser la société, de la moderniser et de la développer de sorte que mes enfants puissent me succéder, si elles le désirent » conclut Giles Daoust.

Daoust en quelques chiffres
  • 205M€ de chiffre d’affaires en 2017.
  • Plus de 50 JobCenters et Départements.
  • Plus de 350 collaborateurs permanents.
  • Plus de 7.000 équivalents temps plein mis au travail chaque jour.
  • 12e plus gros employeur en Région Bruxelles-Capitale.
  • Près de 30.000 clients B2B et B2C.