Finances L’histoire des cidres Stassen à Aubel (province de Liège) commence en 1895. L’arrière-arrière-grand-père, Léon, fabrique du cidre avec les pommes de son verger pour sa propre consommation, puis celle de ses voisins. Vu le succès de sa recette, il commence à le commercialiser sur les marchés des environs.

C’est en 1937 que naît la cidrerie qui se développe et se modernise grâce à l’arrière-grand-père, Jean. Quoi de plus naturel ensuite de voir ses trois fils, Philippe, Luc et Jean-Pierre reprendre les rênes.
En 1994, Stassen crée un nouveau segment dans les boissons sans alcool et lance ce qui va devenir une véritable marque-phare, Kidibul, la boisson festive par excellence pour les enfants.

De Stassen à Heineken et de Heineken à Neobulles
« En 2012, la société Stassen est revendue au groupe brassicole Heineken qui voit un grand potentiel dans notre centre de recherche et développement géré par mon oncle Jean-Pierre Stassen » explique Anne Stassen, l’arrière-arrière-petite-fille du fondateur. Le nouvel acquéreur garde l’unité de production d’Aubel, une commune fière de son logo Aubel, une campagne qui pétille.
Deux ans plus tard, Philippe Stassen rachète à Heineken les marques Kidibul (boisson pour les enfants), Vintense (vin sans alcool) et Vivaro (vin aromatisé) et crée sa nouvelle société Neobulles. En acquérant l’entreprise IMD (Import & Marketing of Drinks) en 2015, la jeune société devient distributrice exclusive d’une série de marques fortes qui s’adressent tant aux enfants, qu’aux ados et aux adultes.

La quatrième génération s’implique
« Après trois générations de Stassen, je suis la première femme à entrer dans l’entreprise familiale. Quand mon père a créé Neobulles avec mon frère, en 2014, j’avais 25 ans. Je n’ai pas voulu attendre et faire mes armes dans une autre société. Je voulais être présente et m’impliquer dès le début. Je venais de terminer mes études. J’avais une expérience à l’étranger. Après un Erasmus de six mois dans la région de Newcastle en Angleterre, j’ai fait un stage de six mois chez Magners Cidres à Londres. Ils m’ont fait confiance, ils m’ont donné la possibilité de toucher à tout. J’ai travaillé au département marketing, ce qui m’a beaucoup appris. J’ai vu comment fonctionnait une grande entreprise » confie Anne Stassen qui est responsable du marketing des propres marques de Neobulles. Il faut dire que l’usine de la famille a toujours fait partie de sa vie. Et, le Kidibul, qui va bientôt fêter ses 25 ans, l’a accompagnée toute sa jeunesse.
Pour elle, les femmes sont multitâches et ont une intelligence émotionnelle. Elles ont un œil plus fin pour l’esthétisme des choses, ont de l’empathie et sont également d’excellentes communicatrices. Des qualités importantes pour le fonctionnement d’une société. Anne, qui a un caractère très optimiste, est la plus jeune du Comité de Direction. Elle juge que c’est un avantage lorsque notamment l’on discute d’un nouveau projet : « J’amène le dynamisme et le grain de folie qui caractérise la jeunesse. A contrario de certains membres plus anciens qui sont parfois plus réfractaires aux changements ».

Des produits dans l’air du temps
Neobulles offre un large catalogue de boissons bio non alcoolisées ou peu alcoolisées. Le public cible est large. En effet, il y a de plus en plus de monde qui ne veut ou ne peut pas boire d’alcool pour des raisons sportive, diététique ou idéologique. Et, en matière de prévention routière, il est agréable de faire la fête sans courir de risques. « Le succès est au rendez-vous. La gamme Vintense, qui comprend des vins sélectionnés et désalcoolisés grâce à une technique de pointe, en est un bon exemple. Elle a vu son chiffre d’affaires augmenter de 200 % ces quatre dernières années » explique Anne Stassen.

Vers de nouveaux horizons
La société, qui employait six personnes en 2014, en compte une vingtaine aujourd’hui et son chiffre d’affaires a atteint un peu moins de 17 M€ en 2017. Les projets ne manquent pas. Pour Anne Stassen, les défis sont nombreux « Neobulles vient de déménager à côté d’Aubel dans l’ancien site de la Cidrerie Ruwet. Le développement d’une bière sans alcool, la Bière des Amis, est à l’ordre du jour. Nous avons investi dans un Proxi Delhaize à Bruxelles pour tester le succès de nos produits. Notre nouvelle usine de désalcoolisation est opérationnelle depuis peu. Et, nous nous lançons de plus en plus sur le marché international ».
La jeune femme envisage le futur avec optimisme. Elle sait que son père aimerait que ses enfants prennent un jour sa relève. Elle désire développer la société, assumer l’avenir de ses marques et, surtout continuer à pérenniser l’entreprise familiale.