La Libre.be > Nouvelles dépêches
Syrie: le veto sino-russe à l'ONU provoque l'indignation
Mis en ligne le 05/02/2012 à 20h59
DAMAS (AFP)
Les combats et la répression ont fait plus d'une centaine de morts en deux jours après les bombardements d'une violences inédite dans la nuit de vendredi à samedi à Homs (centre) où au moins 230 personnes ont été tuées, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Après l'échec des efforts diplomatiques à l'ONU, les Etats-Unis ont annoncé leur volonté de renforcer les sanctions contre Damas afin d'assécher les sources de financement et les livraisons d'armes du régime du président Bachar al-Assad.
"Nous démasquerons ceux qui financent encore le régime et envoient des armes qui sont utilisées contre des Syriens sans défense, dont des femmes et des enfants", a prévenu la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qualifiant le vote à l'ONU de "parodie".
"Nous allons aider l'opposition syrienne à se structurer, à s'organiser, l'Europe va encore durcir les sanctions qui sont imposées au régime syrien et puis nous allons essayer de faire monter cette pression internationale et il y a bien un moment où le régime sera obligé de constater qu'il est totalement isolé et qu'il ne peut pas continuer", a-t-il insisté.
La Russie, alliée de Damas qui a opposé samedi avec la Chine un veto à une résolution du Conseil de sécurité condamnant les violences en Syrie, a assuré avoir "l'intention de faire tout son possible pour une stabilisation rapide" de la situation en Syrie.
Moscou a confirmé une visite mardi à Damas de son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, pour évoquer la mise en place rapide de "réformes démocratiques indispensables".
Pour le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l'opposition, il donne au régime un "permis de tuer (...) dans l'impunité".
Sur le terrain, les violences ont encore fait au moins 56 morts dimanche, dont une moitié de civils, a annoncé l'OSDH.
Au total, 23 des 28 victimes civiles ont été tuées à Homs (centre), ville rebelle encerclée et régulièrement visée depuis des mois par les forces du régime et où les habitants redoutaient un nouveau massacre dans la région après celui de la nuit de vendredi à samedi, selon des militants joints par l'AFP.
"Nous avions l'habitude des obus de mortier, mais aujourd'hui ils utilisent des lance-roquettes", a déclaré Omar Chaker, un militant de Homs.
Samedi, 48 morts personnes avaient péri, dont une moitié de civils, en plus du bombardement d'une violence inédite dans la nuit. Le régime a démenti tout raid et accusé l'opposition d'avoir incité à cette "attaque terroriste" pour influencer l'ONU.
En dépit de ce massacre qui a suscité l'écoeurement des capitales occidentales et arabes, la Russie et la Chine ont opposé leur veto samedi au Conseil de sécurité de l'ONU à un projet de résolution.
C'est la deuxième fois que Moscou et Pékin empêchent le Conseil de sécurité de sortir de près de 11 mois de silence sur la Syrie, pendant lesquels la répression a fait au moins 6.000 morts selon les militants.
Téhéran, grand allié de la Syrie dans la région, a salué une position "juste" permettant de contrer "l'instrumentalisation" du Conseil de sécurité par l'Occident "pour ses actions d'intimidation et ses charges en solitaire contre d'autres nations".
Mais Pékin et Moscou se sont en revanche attirés de vives critiques des pays arabes et occidentaux et de l'opposition syrienne.
Le Premier ministre du Qatar, Hamed ben Jassem al-Thani, a estimé que le double veto donnait "le droit de tuer" à M. Assad. Et le Premier ministre tunisien a appelé la communauté internationale à rompre ses relations diplomatiques avec Damas.
Le CNS a appelé "les pays arabes et amis à prendre toutes les mesures économiques et diplomatiques" contre les pays ayant bloqué le texte. Faisant écho à cet appel, les Frères musulmans jordaniens et syriens ont appelé à boycotter les produits russes et chinois.
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a annoncé que l'organisation panarabe comptait poursuivre ses efforts avec le régime syrien et avec l'opposition pour mettre fin aux violences en Syrie afin d'éviter une intervention militaire étrangère.
De nombreux Syriens s'en sont pris à leurs ambassades à travers le monde pendant le week-end, en particulier au Caire, à Koweït, Athènes, Berlin, Londres et Canberra. D'autres ont aussi exprimé leur colère devant les ambassades de Russie, comme à Tripoli et à Beyrouth.
© 2012 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP.
Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.
Des députés se transforment...
Des inédits érotiques au...
La Croisette s'amuse !
Lâcher de ballons pour les...