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La Grèce sur le point de boucler ses laborieuses tractations sur la rigueur
Mis en ligne le 08/02/2012 à 16h58
ATHENES (AFP)
Sans cesse ajournée depuis lundi, encore retardée au fil de la journée, la réunion a finalement débuté à 15h00 GMT (17h00 heure locale), avec l'arrivée au siège du gouvernement du socialiste Georges Papandréou, du conservateur Antonis Samaras et du leader d'extrême droite Georges Karatzaferis.
Depuis le début de la matinée, les deux premiers ont pu plancher sur les 50 pages de l'avant-projet d'accord finalisé dans la nuit par M. Papademos et la troïka représentant les créanciers publics du pays (UE, BCE et FMI). M. Karatzaféris a dû attendre plusieurs heures la version grecque du texte rédigé en anglais qu'il avait réclamée, ce qui a contribué à retarder la réunion, selon l'agence de presse grecque Ana.
Ce texte "présente les grandes lignes des nouvelles mesures" dont les créanciers de la Grèce exigent l'adoption pour débloquer un nouveau prêt d'au moins 130 milliards d'euros accordé par la zone euro fin octobre, selon une source du parti conservateur Nouvelle Démocratie (ND).
"L'accord de principe" que MM. Papandréou, Samaras et Karatzaféris sont censés donner à cette nouvelle cure de rigueur est attendu fiévreusement par les partenaires de la Grèce exaspérés par plusieurs jours d'atermoiements politiques autour des mesures en jeu.
Il doit aussi être présenté à l'Eurogroupe, dont une réunion pourrait être convoquée jeudi soir en fonction du résultat des pourparlers avec le trio politique, a déclaré son président, Jean-Claude Juncker.
"Les discussions sont en cours, j'espère obtenir d'ici à demain (jeudi) matin une image définitive de la situation", a dit M. Juncker.
Selon les dernières fuites, le train de mesures prévoit une baisse de 22% du salaire minimum ainsi ramené autour de 586 euros bruts sur 14 mois, des coupes de l'ordre de 15% dans les retraites complémentaires, des baisses de salaires dans les entreprises d'intérêt public et 15.000 suppressions d'emplois dans l'année dans le secteur public.
Le contreseing grec doit permettre le déblocage de 130 milliards d'euros dont l'octroi a été décidé fin octobre, moyennant cette cure durcissant des mesures déjà adoptées en contrepartie d'un premier plan UE-FMI de 110 milliards en mai 2010. Sans cette nouvelle aide, la Grèce s'expose au défaut de paiement le 20 mars, à l'expiration de 14,5 milliards d'obligations.
Les conséquences sociales seront douloureuses dans un pays qui entame sa cinquième année de récession. Les syndicats ont appelé à de grandes manifestations à Athènes jeudi soir, deux jours après une grève générale de 24H qui a fait battre le pavé à quelque 20.000 manifestants.
Le prix politique s'annonce aussi élevé pour des partis qui se préparent à des élections législatives anticipées en mars ou avril. C'est aussi la raison pour laquelle la troïka des créanciers souhaite avoir leur engagement explicite à poursuivre le programme.
Actuellement, la Nouvelle démocratie (droite) mène dans les sondages.
Pour autant, les médias grecs tablaient mercredi sur un accord final, et la "fin du rude bras de fer entre gouvernement et troïka après de douloureuses négociations avec le pistolet sur la tempe" (Ta Nea, pro-gouvernemental).
Le temps presse pour la Grèce qui a promis d'aborder la semaine prochaine l'autre volet de cette négociation internationale à plusieurs niveaux : l'opération d'effacement par les créanciers privés de 100 milliards de dettes grecques, quasi-finalisée fin janvier à l'issue de tractations entre Athènes et les créanciers privés de la Grèce, représentés par l'Institut de la finance internationale (IFF)
Selon le quotidien financier Naftemporiki, les derniers détails de ce PSI ("private sector involvement") ont été réglés au cours d'une rencontre mardi soir entre M. Papademos et les patrons de l'IIF, Charles Dallara et Joseph Ackermann, dirigeant de la Deutsche Bank.
M. Juncker s'est lui prévalu d'"avancées notamment en ce qui concerne l'implication du secteur privé".
Le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos, avait indiqué que cet accord serait également soumis au vote du Parlement, avant le lancement au plus tard le 15 février de l'offre publique pour l'échange de titres, censé faire passer la dette du pays à environ 120% du PIB en 2020 -au lieu de 160% actuellement- au prix de pertes réelles d'environ 70% pour les banques et les fonds.
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