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Grèce: l'accord sur la crise d'austérité retardé en raison d'un différend sur les retraites
Mis en ligne le 09/02/2012 à 06h48
ATHENES (AFP)
Après huit heures de discussion, les chefs des trois partis se sont séparés dans la nuit de mercredi à jeudi sans accorder un soutien global aux nouveaux efforts de rigueur réclamés à la Grèce par ses créanciers, condition pour obtenir un deuxième prêt censé éviter la faillite au pays.
Sans la nouvelle aide, la Grèce s'expose à un défaut de paiement le 20 mars, à l'expiration de 14,5 milliards d'obligations.
Le socialiste Georges Papandréou, le conservateur Antonis Samaras et le leader d'extrême droite Georges Karatzaferis se sont mis d'accord sur "tous les points du plan sauf un", a indiqué un communiqué des services du Premier ministre Lucas Papademos, qui espère boucler un accord "avant la réunion de l'Eurogroupe" prévue jeudi soir à Bruxelles.
M. Samaras a indiqué que le différend portait sur les coupes envisagées dans les pensions de retraite tout en soulignant que "les négociations continuaient" sur cette question.
Du coup, le Premier ministre grec a poursuivi les consultations en rencontrant dans la foulée au petit matin les chefs de la délégation de la troïka des bailleurs de fonds du pays (UE, BCE, FMI) pour tenter d'élaborer une solution.
Sans cesse ajournée depuis lundi, et retardée toute la journée, la réunion, cruciale pour le pays et suivie par l'ensemble de la zone euro, avait débuté à 15h00 GMT.
L'accord que MM. Papandréou, Samaras et Karatzaféris sont censés donner à cette nouvelle cure de rigueur est attendu fiévreusement par les partenaires de la Grèce exaspérés par plusieurs jours d'atermoiements politiques autour des mesures en jeu.
Juste après le début de la rencontre, les créanciers publics ont fait savoir qu'une réunion de l'Eurogroupe se tiendrait jeudi à 18H00 à Bruxelles, et le comité des créanciers privés ont annoncé qu'ils se retrouveraient jeudi également à Paris "pour examiner le contenu des entretiens avec les acteurs publics".
De fait, si les partis finissent par donner leur accord malgré le timing de plus en plus serré, ce programme de réformes doit être déposé dès vendredi au parlement grec, où la coalition gouvernementale dispose théoriquement de 255 voix sur 300, en vue d'un vote d'urgence prévu pour dimanche selon l'agence Ana.
Selon des fuites de presse, le train de mesures prévoit une baisse de 22% du salaire minimum ainsi ramené autour de 586 euros bruts sur 14 mois, des coupes de l'ordre de 15% dans les retraites complémentaires, des baisses de salaires dans les entreprises d'intérêt public et 15.000 suppressions d'emplois dans l'année dans le secteur public.
Le prix politique s'annonce aussi élevé pour des partis qui se préparent à des élections législatives anticipées en mars ou avril. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la troïka des créanciers souhaite avoir leur engagement explicite à poursuivre le programme.
Actuellement, la Nouvelle démocratie (droite) mène dans les sondages.
Le temps presse pour la Grèce qui a promis d'aborder la semaine prochaine l'autre volet de cette négociation internationale à plusieurs niveaux : l'opération d'effacement par les créanciers privés de 100 milliards de dettes grecques, quasi-finalisée fin janvier à l'issue de tractations entre Athènes et les créanciers privés de la Grèce, représentés par l'Institut de la finance internationale (IFF)
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