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Syrie: sixième jour de bombardements sanglants sur Homs
Mis en ligne le 09/02/2012 à 10h52
DAMAS (AFP)
Le chef de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé mercredi que le Conseil de sécurité examinerait bientôt une demande de la Ligue arabe suggérant une "mission conjointe en Syrie, avec un émissaire spécial commun", après la décision de l'organisation arabe de renvoyer ses observateurs dans ce pays.
L'opposition syrienne et les ONG internationales avaient jugé la mission arabe inefficace, sa présence durant un mois à partir de fin décembre n'ayant pas empêché le régime de Bachar al-Assad de poursuivre la répression de la révolte qui a fait des milliers de morts depuis près de 11 mois.
Continuant à mettre à profit ces divisions internationales, le régime a lancé le 4 février, le jour de la réunion à l'ONU marquée par le veto, un assaut sur Homs (centre), surnommée "la capitale de la révolution", pour tenter d'écraser la contestation, selon les militants.
Plus de 400 personnes dont des familles entières y ont péri depuis cette date, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Amnesty international a confirmé quelque 250 morts en majorité des civils "sans armes", disant craindre "une crise humanitaire majeure" à Homs, où les télécommunications et l'électricité sont coupées, les infrastructures détruites, les médicaments manquent et la nourriture se fait rare selon les militants.
Jeudi matin, au moins 13 civils ont péri dans des bombardements des quartiers de Baba Amr et Khaldiyé, mais "le bilan pourrait s'alourdir en raison de la présence de deux familles dans leurs maisons visées par des obus", a indiqué le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Le pouvoir, qui se refuse à reconnaître le mouvement de contestation lancé en mars 2011, a confirmé une opération à Homs mais affirmé que ses forces y pourchassaient les "groupes terroristes" qu'il accuse d'être à l'origine des violences contre les civils.
Outre Homs, les troupes mènent des opérations ponctuelles contre d'autres foyers de la contestation, comme Zabadani et Madaya à 40 km au nord de Damas, Idleb (nord-ouest), et des villes de la province de Deraa (sud), selon les militants.
Malgré l'indignation des Occidentaux, la Russie, un allié du régime Assad, continue à opter pour la non ingérence en Syrie, après avoir envoyé son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov rencontrer mardi à Damas M. Assad qui a pourtant promis à son interlocuteur de "faire cesser" l'effusion de sang.
"Notre tâche, c'est de les aider (aux Syriens) sans aucune forme d'ingérence", a expliqué le Premier ministre Vladimir Poutine, dont le pays refuse d'évoquer un départ de M. Assad en estimant que son sort devait être réglé par "les Syriens eux-mêmes".
Pour la Maison Blanche "la Russie n'a rien d'autre à gagner, en se rangeant au côté du régime Assad, que de s'aliéner les Syriens".
Face au blocage à l'ONU, plusieurs pays ont pris des mesures unilatérales pour accentuer l'isolement du régime Assad après des sanctions qui n'ont toujours pas réussi à le faire plier.
Les Etats-Unis ont fermé leur ambassade, des pays européens ont rappelé leurs ambassadeurs et les six monarchies du Golfe ont décidé d'expulser les ambassadeurs syriens. Une réunion de la Ligue arabe est en outre prévue dimanche au Caire.
La Turquie a dit, elle, compter organiser une conférence internationale sur la crise syrienne et les Etats-Unis ont annoncé une prochaine réunion d'un groupe de pays "amis du peuple syrien".
En revanche, l'Iran a réaffirmé son soutien au régime Assad, son principal allié dans la région, le président Mahmoud Ahmadinejad accusant "les Etats-Unis et leurs alliés de chercher à provoquer une nouvelle guerre régionale pour casser la ligne de la résistance" face à Israël, dirigée par Téhéran et Damas.
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