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La justice espagnole met fin à la carrière de juge de Baltasar Garzon


Mis en ligne le 09/02/2012 à 16h08

MADRID (AFP)


Le juge espagnol Baltasar Garzon, connu dans le monde entier pour avoir combattu les atteintes aux droits de l'Homme, a été condamné jeudi à 11 ans d'interdiction d'exercer par le Tribunal suprême de Madrid, pour une affaire d'écoutes illégales.
"Nous condamnons l'accusé Baltasar Garzon en tant qu'auteur responsable d'un délit de forfaiture (...) à 11 ans d'interdiction spéciale pour le poste de juge ou magistrat" ainsi qu'à une amende "de 6 euros par jour pendant 14 mois", indique le jugement, qui a été adopté "à l'unanimité".
Ce verdict n'admet pas d'appel en Espagne et ne laisse à Baltasar Garzon que la voie d'un recours auprès de la justice internationale. La décision des juges devrait mettre un terme à sa carrière météorique et controversée de magistrat.
Avec cette décision, Baltasar Garzon, 56 ans, souffre également "la perte définitive du poste qu'il occupe et des honneurs annexes", soit sa fonction de juge d'instruction de l'Audience nationale de Madrid, la plus haute instance pénale espagnole, dont il était déjà suspendu depuis mai 2010.
Pendant les onze ans de sa condamnation, le juge ne pourra pas non plus exercer un "emploi ou fonction juridictionnelle ou de gouvernance au sein du pouvoir judiciaire", précisent les juges.
Baltasar Garzon est condamné pour avoir ordonné des écoutes de conversations entre des suspects incarcérés et leurs avocats, en violation des droits de la défense, dans une enquête sur un réseau de corruption qui avait éclaboussé en 2009 la droite espagnole.
Le délit de forfaiture ou prévarication désigne dans cette affaire une décision dictée par un juge tout en sachant qu'elle est injuste.
Mercredi, le Tribunal suprême avait mis en délibéré la deuxième affaire controversée visant le magistrat, dans laquelle il est jugé pour avoir enfreint la loi d'amnistie votée par le Parlement espagnol en 1977, deux ans après la fin de la dictature, en voulant enquêter entre 2006 et 2008 sur le sort de plus de 100.000 disparus de la Guerre civile (1936-39) et du franquisme (1939-75).

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