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Deuxième journée d'audition pour Eric Woerth à Bordeaux


Mis en ligne le 09/02/2012 à 17h38

BORDEAUX (AFP)


L'ancien ministre et ancien trésorier de l'UMP, affaireWoerth, a passé jeudi une deuxième journée d'audition chez les juges d'instruction bordelais en charge des dossiers Bettencourt, après avoir été mis en examen mercredi pour trafic d'influence passif.
La journée de mercredi avait été consacrée à l'interroger dans le cadre de l'information ouverte pour "trafic d'influence actif commis par un particulier, trafic d'influence passif commis par une personne investie d'un mandat électif public, financement illicite de parti politique ou de campagne électorale".
Finalement, seul le possible trafic d'influence passif a été retenu, un délit puni de dix ans de prison et 150.000 euros d'amende maximum.
Les juges visent le possible échange de bons procédés qui aurait conduit M. Woerth à faire obtenir un travail à son épouse Florence chez Clymène, société chargée de gérer la fortune de Liliane Bettencourt, dirigée par l'ex-homme de confiance de la milliardaire, Patrice de Maistre, le ministre faisant pour sa part obtenir à M. de Maistre la Légion d'honneur en 2007, avant de la lui remettre personnellement en janvier 2008.
Le 29 juillet 2010, comme la police lui demandait s'il y avait un lien entre l'embauche et la décoration, M. Woerth avait répondu : "Non, aucun. Cette idée me paraît monstrueuse".
La journée de jeudi, ont laissé entendre des sources proches du dossier, semble avoir été consacrée aux possibles recel d'abus de faiblesse qu'a pu commettre M. Woerth à l'encontre de l'héritière de l'Oréal, qui souffre de problèmes cérébraux depuis septembre 2006. Une situation qui jette un doute sur la plupart des décisions qu'elle a prises depuis cette date.
En l'occurrence, même les dons légaux qu'elle a pu faire, par exemple à l'UMP, depuis septembre 2006, sont susceptibles de tomber sous le coup de la loi, analyse une de ces sources. Or, un mémorandum du 29 septembre 2006 adressé par M. de Maistre à André Bettencourt, encore vivant à cette époque, explique les modalités selon lesquelles les Bettencourt pourront adresser des chèques d'un montant légal de 7.500 euros à l'UMP, ce qu'ils ont fait par la suite.
Par ailleurs, observe une autre source, le fait que les juges n'aient pas retenu mercredi le financement illicite de parti politique à l'encontre de M. Woerth n'est pas la preuve qu'ils n'ont pas pris au sérieux les affirmations de l'ex-comptable des Bettencourt, Claire Thibout.
Celle-ci affirme de manière constante qu'en janvier 2007, M. de Maistre lui a demandé 150.000 euros en liquide qu'il destinait à M. Woerth, pour, avait-elle compris, le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Elle ne lui en avait remis que 50.000, mais une allusion de M. de Maistre à l'avantage d'avoir des comptes en Suisse avait fait penser à la comptable qu'il avait pu trouver la somme restante sur des comptes de Mme Bettencourt dans ce pays.
Les juges, observe cette source, peuvent très bien avoir des preuves de ces mouvements de fonds, sans pour autant avoir actuellement les preuves que l'argent a servi à la campagne de M. Sarkozy.
Cependant, rien ne démontrait dans l'après-midi que M. Woerth serait de nouveau mis en examen dans la soirée.
Interrogé par l'AFP, l'avocat de Claire Thibout, Me Antoine Gillot, a considéré que le juge Jean-Michel Gentil, principalement chargé du dossier, semblait moins convaincu de la bonne foi de M. Woerth que de celle de sa cliente. En effet, après une longue audition, le 14 septembre, le juge lui avait assuré qu'elle ne serait pas poursuivie pour les trois plaintes qui pesaient sur elle, dont une pour dénonciation calomnieuse émanant de M. Woerth lui-même.

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