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Affaire Ciprelli: le mari de Jeannie Longo va être présenté à un juge
Mis en ligne le 09/02/2012 à 18h57
GRENOBLE (AFP)
Le juge d'instruction devrait décider d'ici vendredi matin d'une éventuelle mise en examen de M. Ciprelli, en garde à vue à la gendarmerie de Grenoble depuis mercredi à 06H10.
"Je considère pour ma part qu'il y a suffisamment de charges pour une mise en examen", a indiqué le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, au cours d'une conférence de presse.
Le parquet de Grenoble avait ouvert une enquête visant M. Ciprelli le 14 septembre dernier, au lendemain de la publication d'un article du journal L'Equipe faisant état d'achats par l'entraîneur de Mme Longo d'EPO chinoise en avril 2007.
"Ces faits sont prescrits car ils sont antérieurs de plus de trois ans au démarrage de l'enquête", a rappelé M. Coquillat.
"Mais les gendarmes saisis de l'affaire (...) ont découvert un certain nombre d'achats de substances postérieurs à cette date et donc de faits non prescrits", a-t-il ajouté.
Il s'agit d'achats effectués en 2010 et 2011 par carte bancaire à des sociétés basées à l'étranger spécialisées dans la vente de médicaments sur internet.
Deux achats d'EPO non prescrits
En traçant ces transactions, les gendarmes ont découvert "deux achats d'EPO non prescrits en mai et juin 2011 pour des montants de moins de 500 euros à chaque fois", a précisé M. Coquillat.
Les livraisons étaient faites à l'adresse de Michel Lucatelli, ami de Patrice Ciprelli et directeur de l'équipe de France de ski cross, également placé en garde à vue depuis mercredi matin.
M. Lucatelli va être remis en liberté car "je n'ai pas trouvé dans ce dossier d'éléments permettant de penser qu'il s'est rendu complice d'un quelconque délit", a indiqué M. Coquillat.
"Il dit qu'il ignorait le contenu des colis", a-t-il précisé.
Quant à M. Ciprelli, "il nie les faits en bloc" et dit que "ses cartes bancaires ont été piratées", de même que ses adresses internet, selon le procureur.
"Mais pour lui, il s'agit de colis de compléments alimentaires ou d'autre chose", a dit M. Coquillat.
Les avocats de Patrice Ciprelli, Me Pierre Albert et Me Bruno Ravaz, n'étaient pas joignables jeudi après-midi.
Interrogé sur Jeannie Longo elle-même, M. Coquillat a répondu qu'aux yeux de la justice, la sportive était "l'épouse de M. Ciprelli, point".
"Ce qui est réprimé par nos lois, c'est la fourniture de produits dopants", a-t-il expliqué. "Pour un sportif, le fait de se doper n'est pas un délit, ce sont des sanctions sportives qui s'appliquent dans ce cas-là", a-t-il fait valoir.
En outre, "aucun élément dans le dossier ne permet d'affirmer que cet EPO aurait été utilisé par l'épouse de M. Ciprelli", a-t-il dit.
Le procureur n'a cependant pas voulu préciser si le compte utilisé pour les achats d'EPO était un compte commun aux époux Ciprelli-Longo.
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