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Ciprelli: le mari de Jeannie Longo a effectué 15 achats d'EPO depuis 2007
Mis en ligne le 10/02/2012 à 20h59
GRENOBLE (AFP)
Les investigations menées par les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP) pendant la garde à vue de M. Ciprelli ont été fructueuses, a révélé à l'AFP une source proche de l'enquête.
Jusqu'alors, ils ne possédaient que deux factures d'achats EPO passés par M. Ciprelli en mai et juin 2011 pour des montants de moins de 500 euros chacun.
Mais en allant le chercher dans son appartement de l'Alpe d'Huez (Isère) mercredi matin, ils ont fait "bingo", selon la même source.
Ils ont en effet mis la main sur un document, que l'entraîneur transportait dans son sac, et sur lequel était inscrit un mot de passe. Grâce à ce mot de passe, les gendarmes ont pu accéder au compte internet qu'utilisait le mari de Jeannie Longo pour passer ses commandes d'EPO, et ont ainsi répertorié ses anciens achats, au nombre de quinze.
Ces achats étaient notamment passés à une pharmacie turque par le biais de sociétés basées à l'Ile Maurice, selon la même source.
"Depuis 2007, c'est un dopage permanent", a indiqué à l'AFP cette source proche de l'enquête.
"Patrice Ciprelli s'inscit catégoriquement en faux contre cette allégation des enquêteurs et considère que cette information est fallacieuse", a déclaré à l'AFP son avocat, Me Pierre Albert.
"Les enquêteurs cumulent les +command cancelled+, c'est-à-dire les commandes qui n'ont pas abouties. C'est soit de la malhonnêteté, soit de l'incompétence. On est scandalisé!", a ajouté Me Albert.
Il a assuré que M. Ciprelli avait passé entre trois et cinq commandes d'EPO "au maximum" pour un montant compris "entre 1.500 et 2.500 euros".
M. Ciprelli, qui a nié dans un premier temps tout achat d'EPO, a reconnu jeudi en avoir acheté, mais "pour son usage personnel".
"Il a fait l'objet d'accidents de vélo répétés ces dernières années" et l'EPO est "un reconstituant musculaire", avait indiqué Me Albert à l'AFP.
"Pas très crédible, c'est un peu n'importe quoi", a estimé vendredi le conseiller scientifique de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), Michel Rieu.
"L'EPO n'a aucun effet de cicatrisation documenté. Et il y a des produits beaucoup plus évidents quand on veut reconstituer des muscles, à commencer par les anabolisants", a-t-il expliqué à l'AFP.
En garde à vue depuis mercredi matin, M. Ciprelli a été libéré vendredi sous contrôle judiciaire. Il a interdiction d'exercer ses fonctions d'entraîneur sportif et de rencontrer certaines personnes, dont son ami Michel Lucatelli, directeur de l'équipe de France de ski-cross, chez qui il se faisait livrer ses colis d'EPO.
Le mari de Jeannie Longo devra aussi demander une autorisation s'il envisage de sortir de France.
Un peu plus tôt dans la journée, Me Albert avait affirmé qu'en trois ans, son client avait "acheté pour 1.500 euros d'EPO". "Ce n'est pas comme ça qu'on dope un pur-sang ou un sportif de haut niveau", avait-il avancé.
M. Ciprelli encourt une peine de 10 ans de prison et 75.000 euros d'amende pour les trois infractions pour lesquelles il est mis en examen, a précisé le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, vendredi à l'AFP.
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