Les penstemons, ou clochettes de l'été

Raisins de table, poireaux, premières carottes et fraises... Les premiers travaux dans la serre sont au menu de la page Jardinage, avec une attention particulière pour la généreuse floraison des penstemons, ces buissons de petites clochettes se balançant au gré du vent. Une merveille pour colorer les jardins au sol sec...

Les penstemons, ou clochettes de l'été
©Luc Noël
PAR LUC NOËL

Un jardinier a un jour raconté à l'équipe de tournage de «Jardins & loisirs» pourquoi il aimait tant les penstemons. Dans les livres d'images de son enfance, l'une ou l'autre digitale poussait toujours dans les décors, comme pour figurer l'été. Or, la floraison des penstemons rappelle curieusement celle des digitales: les fleurs ont une forme de clochette allongée et sont disposées de la même manière sur les hampes florales. Bien plus généreuse que celle des digitales, la floraison des penstemons se décline aussi dans une belle gamme de coloris. Tout naturellement, ces plantes sont donc venues occuper une grande place dans le coeur de celui qui n'a pas oublié les fleurs de ses contes illustrés.

Le nom Penstemon vient de pente, cinq, et de stemon, étamine. On fait ainsi allusion à la cinquième étamine qui est proéminente mais stérile.

Il existe environ 250 espèces de penstemons. La majorité sont originaires d'Amérique du nord et d'Amérique centrale. Annuelles, bisannuelles ou vivaces, ces plantes aujourd'hui déclinées en de nombreux cultivars méritent d'être davantage utilisées dans nos jardins.

Les vivaces résistantes au gel peuvent prendre place dans les rocailles ou dans une plate-bande fleurie. Celles cultivées en annuelles ou bisannuelles seront réservées principalement aux massifs estivaux. Les penstemons peuvent également être élevés dans de grands pots ou des vasques qui seront installés sur la terrasse. Les variétés cultivées en annuelles ou bisannuelles sont aussi d'excellentes fleurs à couper.

PAS D'HUMIDITÉ

Les penstemons redoutent par-dessus tout le froid combiné avec une forte humidité. Il faut donc les installer dans un sol bien drainé. Le substrat idéal sera composé de terreau de qualité, de sable de rivière et de gravillons. Ce mélange pourra être employé pour créer des poches de plantation au jardin ou pour remplir les pots qui garniront la terrasse. Un engrais pour plantes ornementales sera ajouté au substrat car les penstemons sont assez gourmands.

SEMIS ANNUELS OU BISANNUELS

Toutes les espèces et cultivars apprécient les endroits bien éclairés, mais redoutent quelque peu le brûlant soleil de midi en plein été. Durant l'hiver, les espèces vivaces doivent être recouvertes d'une cloche les protégeant des pluies abondantes.

En culture annuelle, les penstemons sont semés en mars- avril à une température comprise entre 14 et 18°C. Le substrat de semis sera tout simplement constitué de terreau finement tamisé. Si les graines sont de bonne fraîcheur, la germination a lieu après huit à douze jours. Dès qu'elles peuvent être manipulées, les plantules sont repiquées soit en terrines (à dix centimètres les unes des autres) soit en pots individuels. La mise en place au jardin est effectuée au mois de mai. La floraison commence fin juillet pour se terminer en septembre.

La culture bisannuelle des Penstemon est curieusement peu répandue. Le semis est réalisé à mi-ombre, sous couche ou en pleine terre, entre le mois de juin et le mois d'août. Pour le repiquage, il faut préférer les pots individuels.

Avant les premières gelées, les penstemons sont placés sous châssis ou dans une serre froide et recouverts de feuilles mortes en guise matelas protecteur durant l'hiver. Dès le retour des beaux jours, les plantes vont recommencer à croître et il ne faudra pas oublier d'aérer serre ou châssis au cours des journées ensoleillées afin d'éviter une surchauffe.

ESPÈCES VIVACES ET RUSTIQUES

Fin avril-début mai, on plante définitivement au jardin à trente centimètres de distance. La floraison, plus hâtive que lors d'un semis printanier, débute en juin. Afin de prolonger la floraison des penstemons, il est bon de supprimer régulièrement les tiges flétries.

Dans les jardineries, les penstemons vivaces sont souvent absents. De nombreuses espèces sont pourtant adaptées à notre climat et y prospèrent parfaitement pour peu qu'elles soient plantées dans une terre légère, riche et bien drainée. Ces penstemons peuvent se multiplier par semis, par bouturage (au début ou à la fin de l'été) et par division des fortes touffes au printemps.

Quasiment jamais malades, les penstemons rustiques sont aussi peu sujets aux attaques des pucerons. À la fin de l'hiver, les tiges mortes sont supprimées afin de permettre aux nouvelles pousses de se développer avec vigueur.

Quelles espèces choisir dans les pépinières spécialisées ou lors des foires aux plantes?

Penstemon barbatus résiste très bien aux fortes gelées hivernales. Culminant à plus d'un mètre de haut, il se couvre de juillet à octobre de superbes fleurs d'un rouge particulièrement vif.

Penstemon cardwelii est une petite merveille bien adaptée à la rocaille. Ne dépassant guère vingt centimètres, son feuillage est persistant et les innombrables fleurs pourprées sont présentes durant tout l'été.

Penstemon digitalis est très beau et aisé de culture. Même les hivers froids et humides ne parviennent pas à le vaincre. Avec le temps, il forme une forte touffe dont les hampes florales élancées atteignent soixante à quatre-vingts centimètres. Les fleurs sont lavande pâle. Il existe une variété à fleurs blanches («Albus») et un cultivar dénommé Husker's Red'dont le feuillage rouge violacé est très décoratif.

Enfin, Penstemon hirsutus var. pygmaeus peut tenir compagnie au Penstemon cardwelii pour colorer la rocaille de ses superbes fleurs violet pâle.

© La Libre Belgique 2001


Comprendre le nom des plantes Pourquoi a-t-on baptisé le plantain «Plantago» ? Parce que sa feuille ressemble à la plante d'un pied. Les noms des plantes sont souvent inspirés de leurs particularités. Salvia vient du latin «salvo», guérir, car la plante possède des propriétés médicinales. Coquelicot vient de «cocorico», onomatopée du cri du coq, la couleur rouge vif de la fleur rappelant celle de la crête de l'animal. Acer est le nom latin de l'érable car ce terme désignait déjà l'arbre dans l'Antiquité. S'intéresser à l'origine du nom des plantes n'est pas sans intérêt. Car la connaissance des termes qui reviennent fréquemment dans la nomenclature constitue une aide précieuse pour mieux retenir l'identité de nos plantes. «Lutea» veut dire jaune, «fragilis» est employé pour les plantes qui se fanent rapidement, «purpurascens» définit des floraisons tirant sur le pourpre. Pour nous aider à comprendre les noms scientifiques, un petit dictionnaire est sorti récemment de presse. Grâce à lui, le nom des plantes et leur histoire n'ont plus de secrets. «Dictionnaire étymologique de botanique», François Couplan, éd. Delachaux et Niestlé, 238 pages. © La Libre Belgique 2001

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