Le Concours Reine Elisabeth fête ses cinquante ans

Le Concours Reine Elisabeth a cinquante ans. Un jubilé pareil, cela se célèbre. Et dignement. Exposition, livre, DVD et disques, on se bouscule au portillon. Comme les 79 candidats, dont quatre Belges, qui entament les éliminatoires cette semaine.Notre dossier dresse le programme des jours à venir, détaille les règles du concours, liste les nombreuses festivités du jubilé, rappelle l'histoire d'un événement né dans l'esprit d'Eugène Ysaye et de la reine Elisabeth de Belgique, visite la chapelle où les lauréats se préparent et interviewe Vadim Repin, le vainqueur de 1989.

Le Concours Reine Elisabeth fête ses cinquante ans
©KAYAERT
NICOLAS BLANMONT

1 Comment arrive-t-on au Concours? Le Concours est ouvert à tous les violonistes, d'où qu'ils viennent. La limite d'âge est désormais fixée à 27 ans. Il est explicitement précisé dans le règlement qu'aucun motif d'ordre idéologique, linguistique, politique ou racial ne pourra justifier le refus d'une candidature. Cette année encore, les 79 candidats inscrits aux éliminatoires représentent pas moins de 23 nationalités.

2 Que faut-il savoir jouer? Pour les éliminatoires, le programme comprend une sonate pour violon seul de J.S. Bach, un concerto (à choisir entre ceux de Bruch, Lalo, Saint-Saëns, Spohr, Viotti, Vieuxtemps et Wieniawski et trois Caprices de Paganini).

En demi-finales, chaque candidat jouera une des sonates pour violon seul d'Eugène Ysae, une oeuvre belge inédite écrite spécialement pour le concours, un concerto de Mozart qui sera accompagné par l'Orchestre Royal de Chambre de Wallonie sous la direction de Georges Octors, le programme étant complété par une des quatre autres oeuvres préparées, dont une au moins doit être une oeuvre romantique et deux écrites au XXe iècle, dont une après 1950.

Enfin, en finale, chaque finaliste jouera une sonate pour violon et piano choisie dans une liste fermée, le fameux inédit ayant fait l'objet du concours international de composition (il ne sera révélé que le 18 mai) et un concerto au choix. L'ONB les accompagnera sous la baguette de Gilbert Varga.

3 Comment le Concours se déroule-t-il? D'aujourd'hui à samedi, le Conservatoire de Bruxelles accueillera douze séances d'éliminatoires, à 15h et 20h. Sept candidats seront entendus l'après-midi, six ou sept le soir (cinq le samedi), à raison de vingt minutes par prestation.

Samedi 5 vers minuit, le président du jury proclamera les 24 meilleurs candidats, habilités à présenter les demi-finales, et on sera reparti pour deux séances quotidiennes aux mêmes heures. Plus que deux candidats par séance, et des prestations dès lors plus longues:: une heure environ. Le samedi 12, à nouveau vers minuit, proclamation des douze finalistes.

Dès le dimanche 13 et jusqu'au vendredi 18, jour après jour et deux par deux, ils entrent en loge à la Chapelle Reine Elisabeth (voir ci-après). Ils en ressortent, toujours deux par deux et jour après jour, à partir du lundi 21 mai pour les finales. Proclamation du palmarès dans la nuit du samedi 26

4 Comment le jury décide-t-il? Le jury ne délibère pas! À chaque épreuve, la cote des candidats n'est que l'addition mécanique de cotes attribuées par chaque membre du jury, avec un mécanisme de correction pour les écarts (positifs ou négatifs) excessifs par rapport à la moyenne. Avec un maximum de cent points, les candidats peuvent être exceptionnels (de 90 à 100), excellents (de 80 à 89), très bons (de 70 à 79), satisfaisants (de 60 à 69), faibles (de 50 à 59), insuffisants (de 40 à 49) ou mauvais (moins de 40).

En cas d'ex-aequo, on revote, étant entendu qu'une différence d'1 pc est considérée comme un ex-aequo. Ce n'est que s'il y a ex-aequo en points après deux votes successifs, que la cote de l'épreuve précédente servira à départager les candidats.

5 Quels sont les tubes du Concours? Parmi les vainqueurs des sessions précédentes, cinq l'ont emporté avec le concerto de Sibelius (Laredo en 1959, Fried en 1971, Horigome en 1980, Toda en 1993 et Znajder en 1997), deux avec Tchaïkovski (Oistrakh en 1937 et Repine en 1989), deux avec le premier de Paganini (Kogan en 1951 et Hirshhorn en 1967), pour une seule victoire pour ceux qui avaient choisi le concerto de Brahms, pourtant parmi les plus joués (Senofsky en 1955), du premier de Chostakovitch (Michlin en 1963), du troisième de Saint-Saëns (Bezverkhny en 1976) ou du concerto d'Elgar (Hu en 1985).

6 Quelles sont les nations les plus fortes? Sur douze éditions du concours violon de 1951 à 1997, cinq victoires ont été remportées par des ressortissants de ce qu'on appelait alors l'URSS: Kogan (1951), Michlin (1963), Hirshhorn (1967), Bezverknhy (1976) et Repin (1989). Pour le reste, on recense deux Japonaises (Horigome en 1980, Toda en 1993), un Américain (Senofsky en 1955), un Bolivien (Laredo en 1959), une Israélienne (Fried en 1971), un Coréen (Nai Yuan Hu en 1985) et un Danois (Znajder en 1997).

7 À quoi sert le passage à la Chapelle? L'entrée rituelle à la Chapelle huit jours avant la prestation en finale sert avant tout à mettre chaque finaliste sur pied d'égalité dans la préparation de l'oeuvre inédite imposée. Chacun dispose du même temps pour la préparer (huit jours), le fait dans les mêmes conditions (les cellules à la Chapelle), et ne sort de cette prison dorée que pour les quelques répétitions prévues avec l'orchestre. L'isolement de la Chapelle impose aussi à chacun de préparer l'oeuvre seul, ou en tout cas sans assistance de ses professeurs ou autres maîtres.

8 Ça passe quand? Comme chaque année, la RTBF radio retransmettra les demi-finales et les finales en direct et intégralement sur Musique 3, la présentation étant assurée par Michel Debrocq et Philippe Dewolf, rejoints en finale par la violoniste Shirley Laub.

En TV, de larges sélections des prestations des demi-finalistes (le concerto de Mozart et une autre oeuvre) seront présentées sur la Deux par Eve-Marie Vaes, en différé chaque jour après JT soir. Comme de coutume, toutes les soirées des finales seront diffusées en direct sur la Deux, Eve-Marie Vaes étant rejointe pour la semaine par le signataire de ces lignes, et accueillant chaque soir deux invités:: un violoniste et une personnalité venue évoquer les cinquante ans du Concours.

Grande nouveauté enfin: les demi-finales et les finales seront webcastées (diffusées sur Internet pour ceux qui ignorent le mot) en direct sur le site www.elisabeth2001.be.

9 Pourquoi six lauréats? Depuis l'édition 1995 du Concours, seuls les six premiers des douze finalistes sont classés et reçoivent le titre de «lauréat». Cette modification du règlement a été introduite pour éviter l'aspect un peu humiliant d'une proclamation qui, commençant par le premier prix, faisait peu à peu figure de supplice pour ceux qui restaient à se demander s'ils termineraient dixième, onzième ou douzième.

10 Que gagnent-ils? Les six premiers lauréats se partagent des prix allant de 500 000 à 200 000 FB. Un des finalistes recevra aussi le prix Stehman des auditeurs et téléspectateurs de la RTBF (50 000 FB), et un autre (ou le même) se verra attribuer le prix Sternefeld des commentateurs de la VRT (100 000 FB).

On peut y ajouter diverses bourses, mais l'essentiel réside aussi et surtout dans les nombreux concerts: les premiers classés ont l'assurance de recevoir de nombreuses invitations, et leur popularité peut durer longtemps en Belgique.

© La Libre Belgique 2001


L'ordre de passageIl a été procédé vendredi soir, au Conservatoire royal de Musique à Bruxelles, au tirage au sort pour désigner l'ordre de passage des 79 candidats retenus. Au départ ils étaient 116, originaires de vingt-six pays, dont six Belges. Il en reste quatre. Ils seront appelés, cette semaine à participer à cette épreuve éliminatoire et individuelle d'une vingtaine de minutes. Celle-ci comprend une sonate pour violon seul de Bach choisie par le candidat, un concerto imposé ainsi que l'interprétation des «Trois Caprices» de Paganini. Lundi 30 avril 15 h 00: Hao-Tun TENG; 15 h 25: Boris BROVTSYN; 15 h 50: Anna GUTOWSKA; 16 h 15: Satu Yuriko VNSK; 17 h 00: Mari SUZUKI; 17 h 25: Tai MURRAY ;17 h 50: Francesco SENESE; 20 h 00: Elina KUPERMAN; 20 h 25: Linus ROTH; 20 h 50: Kyung-Min LEE; 21 h 15: Leor MALTINSKI; 22 h 00: Katharina CORDING; 22 h 25: Judy KANG; 22 h 50: Mizuka YAMAMOTO Mardi 1er mai 15 h 00: Sunho KIM ; 15 h 25: Simone LAMSMA; 15 h 50: Ching-Yun TU; 16 h 15: Yuka TSUBOI; 17 h 00: Maki NAGATA; 17 h 25: Lyoko YANO ; 17 h 50: Mikhail OVRUTSKY; 20 h 00: Eliot LAWSON; 20 h 25: Ju-Young BAEK; 20 h 50: Michiko KOBAYASHI; 21 h 35: Naaman SLUCHIN; 22 h 00: Bertrand YEUNG; 22 h 25: Feng NING Mercredi 2 mai 15 h 00: So-Ock KIM; 15 h 25: Alina POGOSTKIN; 15 h 50: Marina BKHIYAN; 16 h 15: Christine-Maria HLLER; 17 h 00: Caroline Anne WIDMANN; 17 h 25: Yvn PÉREZ NEZ; 17 h 50: Lyonel SCHMIT; 20 h 00: Jonathan GANDELSMAN; 20 h 25: Liza FERSCHTMAN; 20 h 50: Roman KOWALKO; 21 h 35: Eric LACROUTS; 22 h 00: Machiko SHIMADA; 22 h 25: Gautier DOOGHE Jeudi 3 mai 15 h 00: Egon ANDRE; 15 h 25: Dmytro TKACHENKO; 15 h 50: Claudia SPECHTMEYER; 16 h 15: Soo-Jin HONG; 17 h 00: Karin ATO; 17 h 25: Jacek ROPSKI; 17 h 50: Christina CASTELLI; 22 h 50: Anastasia KHITRUK; 20 h 00: Mark KOMONKO; 20 h 25: Oleg KASKIV; 20 h 50: Amanda FAVIER; 21 h 15: Patricia KOPACHINSKAJA; 22 h 00: Saori FURUKAWA; 22 h 25: Joanna KAMENARSKA Vendredi 4 mai 15 h 00: Max ZORIN; 15 h 25: Erina KATO; 15 h 50: Keisuke OKAZAKI; 16 h 15: Alexis CARDENAS; 17 h 00: Baiba SKRIDE; 17 h 25: Yvonne SMEULERS; 17 h 50: Sukeyuki IWATANI; 20 h 00: Tatiana SAMOUIL; 20 h 25: Asuka SEZAKI; 20 h 50: Daniel KOSSOV; 21 h 35: Rémy BALLOT; 22 h 00: Jessica PARK; 22 h 25: Dmitri ZEMTSOV Samedi 5 mai 15 h 00: Damien PARDOEN; 15 h 25: Ray IWAZUMI; 15 h 50: Ann-Estelle MEDOUZE; 16 h 15: Barnabs KELEMEN; 17 h 00: Reina INUI; 17 h 25: Akiko ONO; 17 h 50: Sidonie BOUGAMONT; 20 h 00: Chikako NAKAJIMA; 20 h 25: Tanja BECKER-BENDER; 20 h 50: David James GILLHAM; 21 h 35: Ning KAM 22 h 00: Naoko OGIHARA Proclamation des 24 demi-finalistes vers minuit.

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