Monsieur Dico

PAR JACQUES MERCIER

Bossemans et Coppenolle

A l'occasion de la réédition chez Racine de «Bossemans et Coppenolle» de Paul Van Stalle et Joris d'Hanswyck, le spécialiste du bruxellois, Georges Lebouc, remet dans le contexte cette pièce mythique pour la Belgique. Rappelons que c'est il y a quasi 66 ans, jour pour jour, que fut créée cette «comédie gaie en trois actes» au Théâtre du Vaudeville : soit le 25 février 1938. Elle eut un succès foudroyant et «fait très rare pour une comédie belge, elle fut jouée très longtemps à Paris, par la troupe créatrice, huit mois au Théâtre de Paris qui compte 1.800 places». En 1939, la pièce fut adaptée pour l'écran par Félix Bell. Certaines répliques de la pièce sont devenues tellement célèbres que les spectateurs les disent en même temps que les comédiens ! «Je secoue sur le seuil de la porte la poussière de mon mépris !», «Si vous me voyez ici... c'est que je suis venu...», «Je te pardonne tout ce que je t'ai dit»... La plus célèbre est dite par Madame Chapeau, lorsqu'elle répète sans cesse: «Je ne m'appelle pas comme ça... ce sont les crapuleux de ma strotje qui m'ont donné ce surnom parce que je suis trop distinguée pour sortir en cheveux... Je m'appelle Amélie Van Beneden!» Depuis 2001, consécration s'il en est, Madame Chapeau a droit à sa statue en bronze, rue du Midi. On parle plus haut de «strotje» : c'est une ruelle, une petite «stroet», une «zaestrotche», etc. Mais quelle langue parle-t-on dans ces pièces, comme «Bossemans», mais aussi «Melle Beulemans» ? «C'est un mélange de français et de flamand né de la déformation du français utilisé par les Bruxellois bilingues issu de souche flamande et gardant le mode de pensée de leur langue maternelle» répond Francis Wanet, dans l'Assimil bruxellois...

© La Libre Belgique 2004