Agnès Jaoui met bas les masques

La France est entrée dimanche en compétition au Festival de Cannes (sud-est) avec «Comme une image» d’Agnès Jaoui, une comédie au ton acide et grinçant sur le pouvoir et la célébrité, premier des trois candidats français à la Palme d’or. La réalisatrice du «Goût des autres» et l’Argentine Lucrecia Martel, en lice le même jour avec «La nina santa» (La Sainte fille), sont les seules femmes parmi les 19 candidats de la compétition. Le Festival au jour le jour Le journal de Benoît Poelvoorde

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Agnès Jaoui met bas les masques
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La France est entrée dimanche en compétition au Festival de Cannes (sud-est) avec «Comme une image» d’Agnès Jaoui, une comédie au ton acide et grinçant sur le pouvoir et la célébrité, premier des trois candidats français à la Palme d’or.

La réalisatrice du «Goût des autres» et l’Argentine Lucrecia Martel, en lice le même jour avec «La nina santa» (La Sainte fille), sont les seules femmes parmi les 19 candidats de la compétition.

Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, qui ont déjà obtenu trois Césars (distinction du cinéma français) du meilleur scénario («On connaît la chanson », «Un air de famille» et «Smoking/No smoking»), ont écrit à quatre mains ce film choral aux dialogues ciselés, dans lequel ils jouent tous les deux au côté de la débutante Marilou Berry, fille de Josiane Balasko.

Dans la veine du «Goût des autres», mais en plus sombre, ils épinglent les travers des uns et des autres, dans l’entourage d’un écrivain célèbre, tyrannique et égocentrique, Etienne Cassard, joué bien sûr par Bacri, cassant et désagréable à souhait. «J’ai le pouvoir. J’emmerde tout le monde. Je suis un tyran très ordinaire», a dit le comédien lors de la conférence de presse à Cannes.

Lolita (Marilou Berry), sa fille de 20 ans, n’a rien d’une Lolita : grosse, mal dans sa peau, elle voudrait tant être admirée de ce père qui n’a jamais un mot gentil pour elle. Elle en veut à la terre entière, d’autant qu’elle n’est pas dupe des flatteurs : dès qu’on apprend qu’elle est la fille de ..., l’attitude change.

Agnès Jaoui, qui a songé à appeler son film «Le lamento de Lolita » mais aussi «Cosi fan tutte», est une prof de chant lyrique, mariée à Pierre (Laurent Grévil), un écrivain sans succès jusqu’au jour où une bonne critique dans un quotidien influent le sort de la galère. Le vent tourne, la tête enfle et les masques tombent.

Oui, «la célébrité fausse les rapports et donne du pouvoir », a déclaré la réalisatrice. Dans «Le goût des autres», son premier long métrage, il était question de théâtre, ici les auteurs braquent leurs projecteurs sur un petit cercle de «bobos» qui évoluent dans le monde de l’édition, avec ses jalousies et ses coups vache.

Pour trouver sa Lolita, Agnès Jaoui a eu du mal: «il fallait trouver une bonne comédienne, qui soit grosse. Je trouve que le terme de 'ronde' est encore pire. 'Non maigre' serait politiquement correct mais parfaitement absurde», dit la réalisatrice. «C’est un problème de racisme par rapport au physique, aux normes imposées.

Dans les écoles de théâtre, il n’y a pas de grosses, ou alors une par cours», dit Agnès Jaoui.





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