journal du 16 mai

F.Ds
journal du 16 mai
©AP

C'est la plus grande soirée d'hommage à l'amour du cinéma, à l'amour des films, à l'acte de faire du cinéma. Celui qui parle n'est autre que celui qui sélectionne les films à Cannes. Thierry Frémaux, le directeur artistique du festival est venu lui-même, événement tout à fait exceptionnel, présenter «Cinéastes à tout prix», le film de Frédéric Sojcher programmé hors compétition. Et il n'a pas mégoté sur les louanges adressées à ces trois Ed Wood wallons, ces trois fous de cinéma: Jacques Hardy, Max Naveaux et Jean-Jacques Rousseau lequel, sécurité oblige, avait dû troquer sa cagoule en laine contre une perruque et un loup pour pouvoir monter les marches.

A ses côtés, Thierry Frémaux a fait venir Benoît Poelvoorde, tellement ému qu'il était sans voix. Ce qui n'a pas manqué de surprendre le sélectionneur officiel. «J'étais très ému», confirme Benoît. «Pour moi, il n'y avait rien à ajouter, j'étais un peu embarrassé que Thierry Frémaux dise que c'était moi qui avais amené le film ici. Je voulais éviter tout amalgame. C'est d'abord un très beau film de Frédéric Sojcher. Et puis, c'était à Naveaux, Hardy et Rousseau que l'hommage était adressé, c'est leurs vies. Je trouvais qu'il fallait se retirer. C'est pour cela que je n'ai pas monté les marches. J'avais peur de nuire à ce qui leur revient de droit. Et puis ce que Thierry avait dit était tellement... il n'y avait rien à ajouter. C'était formidable qu'il se déplace pour venir présenter le film, que le ministre Chastel descende pour venir le voir, sans manières. J'ai été très touché par tout ce qui s'est passé cet après-midi-là.» Et comment ne pas l'être? L'émotion était palpable tout au long de cette projection dans ce temple du 7e art en présence de trois allumés du ciné qui, même dans leurs rêves les plus fous, ne pouvaient imaginer un jour être projeté au Festival de Cannes. Une projection rythmée par des vagues de rires - dont celui de Benoît, forcément plus identifiable que les autres - gorgées d'un improbable mélange de tendresse, d'admiration et d'incrédulité, face à une telle passion, une telle manifestation d'art brut. A l'issue d'un générique acclamé à tout rompre, la salle s'est levée, une standing ovation pour remercier ces trois hommes d'avoir fait battre le coeur du cinéma.

Parmi les spectateurs, il manquait Noël Godin - embarqué au poste après s'être déculotté sur les marches -, mais on reconnaissait un autre membre du jury, le réalisateur Tsui Hark, cinéaste de Hong-Kong furieusement déjanté - ceux qui ont vu «Histoires de fantômes chinois» ou «Time and Tide» savent de quoi on parle. «Il n'en revenait pas d'avoir vu Jean-Jacques Rousseau avec un loup et une perruque. C'était le plus incroyable pour lui», raconte Benoît. «Il a trouvé le film très amusant, très attachant. Il ne connaissait rien de la Belgique. Maintenant, il en a une petite idée.»

© La Libre Belgique 2004





   LIENS PUBLICITAIRES
   
   

"Ascenseurs - Nouvelles exigences de sécurité de l'A.R. du 09/03/2003"

Pour faire un peu de sport certaines personnes empruntent l’escalier plutôt que l’ascenseur. C’est bien ! Il n’empêche, nous passons chaque année, plusieurs heures dans les ascenseurs et trouvons normal que les 75.000 appareils du parc belge nous conduisent, en toute sécurité, aux étages voulus.


lalibre.be ne peut être tenue responsable du contenu de ces liens.