Le controversé "Farenheit 911" sur la croisette

La réélection du président américain George W. Bush serait inconcevable si «Farenheit 911 » parvenait à être distribué aux Etats-Unis, tel est du moins l’avis de Michael Moore, qui présente son dernier brûlot lundi en compétition à Cannes. Le Festival au jour le jour Le journal de Benoît Poelvoorde

Le controversé "Farenheit 911" sur la croisette
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AFP

La réélection du président américain George W. Bush serait inconcevable si «Farenheit 911 » parvenait à être distribué aux Etats-Unis, tel est du moins l’avis de Michael Moore, qui présente son dernier brûlot lundi en compétition à Cannes.

La Maison Blanche est d’ailleurs derrière les difficultés de distribution que connaît le film, a assuré dimanche à Cannes le trublion du cinéma américain.

«Farenheit 911 » est un documentaire tournant autour des attentats de New York et Washington le 11 septembre 2001 (9/11 pour les Anglo-saxons, et 911 est aussi le numéro d’appel d’urgence aux Etats-Unis), sur les relations entre le clan Bush et Oussama ben Laden, et la guerre en Irak.

Mais c’est surtout un film qui veut convaincre les électeurs américains de renvoyer chez lui «l’homme le plus bête qui ait jamais participé à la course » à la présidence et mettre un terme à une politique étrangère qui a créé «d’énormes perturbations dans le monde », selon le bouillonnant réalisateur, qui participait à une table ronde du magazine professionnel Variety.

Michael Moore, récompensé en 2002 à Cannes avec un prix créé pour lui, celui du 55ème anniversaire du Festival pour «Bowling For Columbine », a assuré qu’un proche de George W. Bush avait fait pression sur les distributeurs pour tenter d’empêcher la sortie du film sur les écrans.

Finalement, en début de semaine, les studios Miramax ont conclu un accord avec leur propriétaire, le groupe Walt Disney, qui leur permettent de trouver un nouveau distributeur. Mais ceci n’est pas encore fait.

«Il y a clairement une tentative de bloquer ce film, pour que les gens ne le voient pas avant les élections » présidentielles du 2 novembre, a lancé Michael Moore.

Le réalisateur, qui a aussi reçu un Oscar pour «Bowling for Columbine », a indiqué que son film comprenait des séquences tournées en Irak, notamment par des équipes ayant passé du temps avec les troupes américaines.

«Vous allez voir des choses que vous n’avez jamais vues, apprendre des choses qui vous sont totalement inconnues », a-t-il assuré.

Il s’est dit prêt à montrer son film même illégalement aux Américains, afin que George W. Bush réalise que «son avenir est complètement foutu ». «Je veux que ce film sorte, et je veux qu’il sorte cet été », a-t-il martelé.

Toujours aussi costaud, barbu, son éternelle casquette de baseball vissée sur la tête, Michael Moore a comme à son habitude clamé haut et fort son attachement à l’Amérique et à ses valeurs fondamentales.

«Un de ces principes, c’est qu’on n’envahit pas un pays qui ne vous envahit pas », a-t-il dit. «Seuls des anti-Américains tenteraient de dissimuler les tortures et les abus en Irak », a-t-il ajouté en référence aux actes de barbarie dans les prisons irakiennes, qui scandalisent le monde entier.

D’autres films très critiques de l’Amérique de Bush sont visibles à Cannes, espérant le succès de «Bowling for Columbine » : 4 millions de dollars de budget, 120 millions de recettes.

Mais leurs réalisateurs ne sont pas en course pour la Palme d’or, et ils n’ont pas la popularité de Michael Moore en France, vivement applaudi samedi lorsqu’il a brièvement rejoint une manifestation d’intermittents du spectacle.

Le documentaire «Uncovered: The War on Iraq », sera projeté hors compétition en présence de l’ancien ambassadeur et virulent critique du président, Joseph Wilson. «Bush’s Brain » (le cerveau de Bush), est lui consacré au conseiller à la présidence Karl Rove.



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