Quand Alain Chabat se met au vert

Que reste-t-il quand on secoue énergiquement Blanche-Que reste-t-il quand on secoue énergiquement Blanche-Neige, Pinocchio et d'autres contes classiques pour enfants? Les réalisateurs Adamson et Jenson avaient puzzlé ces morceaux. Résultat: il était une fois un ogre vert avec des oreilles en trompette nommé «Shrek».

FERNAND DENIS
Quand Alain Chabat se met au vert
©EPA

ENVOYÉ SPÉCIAL À CANNES

Que reste-t-il quand on secoue énergiquement Blanche-Neige, Pinocchio et d'autres contes classiques pour enfants? Les réalisateurs Adamson et Jenson avaient puzzlé ces morceaux. Résultat: il était une fois un ogre vert avec des oreilles en trompette nommé «Shrek». Un beau jour, flanqué d'un âne jamais à cours d'âneries, il quitta son marais malodorant pour s'en aller délivrer Fiona, sublime princesse prisonnière d'un dragon. Au bout du conte: une morale décoiffante, un succès planétaire et le retour gagnant de l'animation à Cannes.

Shrek 2, double ration

Ils furent heureux, comme on dit, mais avant de songer aux enfants - pour Shrek 3, sans doute -, il fallait bien saluer les - beaux - parents. Ça, c'est «Shrek 2». Et voilà notre héros, sa princesse et l'intarissable Donkey en route pour le lointain royaume dont les souverains sont verts en découvrant leur gendre et ses manières.«Shrek 2», donc, avec une double ration de dialogues, de parodies, de références. Les clins d'oeil au cinéma, à Hollywood, à la pub sont tels qu'ils transforment les paupières en stroboscopes. Les images de synthèse sont saisissantes et c'est à nouveau Donkey qui en profite un max. La dream team du doublage Mike Myers - Eddie Murphy - Cameron Diaz est renforcée d'un Antonio Banderas jubilatoire incarnant le chat botté. Bref, on ne boude pas son plaisir. Mais autant l'original se servait de la parodie pour dégnangnantiser, dédisneyiser le dessin animé; autant la suite est un tour de manège. On tourne en rond, juste pour le fun.

L'humanisme rigolo

Qui dit animation dit doublage, une activité où se bousculent désormais les stars. Ainsi c'est Alain Chabat qui double «Shrek» en français. « J'ai grandi avec Disney mais aussi avec Tex Avery », s'empresse d'ajouter le réalisateur d'«Astérix». «Mais, cela, c'est après qu'on s'en rend compte. Je ne sais pas ce que captent les mômes dans «Shrek». Forcément, ils doivent sentir que cela tire un peu dans les coins. Et puis, ils ont l'antidote Disney. Ou le poison. A vous de choisir. »

Alain Chabat est, on le sait, un adepte de la 3D, avec «D» comme dans divertir, déconner et dénoncer. Alors que dénonce Shrek 2? « Le premier épisode disait qu'il faut s'accepter tel qu'on est. On peut être moche, gros et vert et être heureux quand même. «Shrek 2» dit que maintenant qu'il a réussi à s'aimer un peu lui-même, il peut essayer d'aimer quelqu'un d'autre. «Shrek 2» ne dénonce pas, il donne dans l'humanisme rigolo, c'est pas mal

Mais tout en écoutant Chabat, alors que la silhouette massive du palais se découpe à l'horizon, une musique latine, cuivrée et entraînante envahit l'atmosphère: la carioca. Ah, le pas de deux Chabat-Darmon, scène culte d'un film qui l'est devenu aussi: «La cité de la peur» ! C'était, il y a dix ans, une comédie délirante où Chantal Lauby en attachée de presse débarque au festival de Cannes avec Dominique Farrugia, acteur principal d'une série Z et un garde du corps: Alain Chabat. « Au tout départ, on devait faire un faux documentaire sur le festival de Cannes », se souvient l'acteur. « On allait au marché du film suivre un petit film improbable dans lequel un projectionniste tuait ses victimes à la faucille et au marteau. D'un seul coup, un mec s'identifiait à ce personnage et se mettait à assassiner les projectionnistes de la grande salle. Cela foutait le bordel et on récoltait des interviews de Scorsese, de Coppola qui disaient que la fiction influe sur la réalité, que le mec qui avait tiré sur Reagan avait vu «Taxi driver». Finalement, on n'a pas tourné cela mais une fiction proche des nuls. Elle a tout de même fait 2700000 entrées à sa sortie. Mais après, on s'est aperçu que toute une génération de gamins avait découvert ce film en cassettes. Il y en a qui me le récite, qui m'aborde en disant «Et alors, on n'attend pas votre soeur?» Ça fait drôlement plaisir

Et quand reverra-t-on Alain à l'écran? Bientôt, dans le nouveau film d'Yvan Attal qui, admirez l'enchaînement, s'appelle: «Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants».





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