No Moore Bush

Impatiemment attendu, «Fahrenheit 9/11», a été projeté à Cannes, lundi.Cette dénonciation de l'amitié intéressée des Bush et des Ben Laden sera-t-elle une arme de destruction massive contre la réélection?Le film a été conçu pour. Le Festival en images Le journal de Benoît Poelvoorde

FERNAND DENIS
No Moore Bush
©AP

ENVOYÉ SPÉCIAL À CANNES

On voit beaucoup de choses à Cannes, mais une telle bousculade pour un documentaire, ce doit être une première. Il faut dire que le festival ne manque pas d'expérience pour faire grimper la pression, comme programmer le film attendu par toute la presse dans deux petites salles. Ambiance assurée.

De l'ambiance, il y en a moins que d'habitude dans ce «Fahrenheit 9/11» où Michael Moore fait moins le clown que d'ordinaire.

La concurrence de George W. Bush est-elle trop forte? Non, Michael Moore montre plutôt le président américain comme une marionnette au moyen d'une séquence d'actualité extraordinaire. Lorsque le premier avion a frappé le WTC, Bush visitait une classe d'école primaire. Informé, il a poursuivi son programme. Quand, quelques instants plus tard, on lui apprend que les Etats-Unis sont attaqués, il reste sagement sur sa chaise, feuillette un livre pour enfants. Pendant de longues minutes, il reste là comme s'il attendait qu'on lui dise ce qu'il doit faire. Son apathie est incompréhensible.

Incompréhensible. Des événements incompréhensibles, Michael Moore en a fait une impressionnante récolte - ainsi, pourquoi a-t-on évacué immédiatement tous les Ben Laden présents aux Etats-Unis? - pour en arriver à la question: pourquoi attaquer l'Irak et pas l'Arabie saoudite alors qu'il n'y avait pas un seul Irakien parmi les terroristes mais bien 15 Saoudiens?

Démonstration + émotion

Une heure durant, Moore propose une grille de lecture susceptible de rendre compréhensible cette énigme. Et de braquer le projecteur sur le poids économique de l'Arabie saoudite dans l'économie américaine en général et celui des Ben Laden, deuxième fortune d'Arabie saoudite dans les affaires des Bush en particulier. A la question: à qui profite le 11 septembre? Aux Ben Laden et aux Bush, repond «Fahrenheit 9/11», leur société d'investissement Carlyle a misé dans les entreprises d'armement. Et Moore d'imbriquer les uns dans les autres, les éléments du scénario machiavélique que l'attentat a rendu miraculeusement possible. La menace terroriste entretient la peur et rend possible une guerre, une bénédiction pour les industriels de l'armement, de la logistique, de la (re) construction et du pétrole évidemment. Mais qui va payer? Les budgets sociaux. Quant à la contestation, les médias sont sous contrôle et le «Patriot act» s'occupe des autres. Reste le problème des soldats. Simple, on recrute, on racole carrément dans les banlieues défavorisées - à Flint -, où l'armée est la seule porte de sortie du chômage.

Un scénario de politique fiction? Il faut en tout cas lui donner de la chair, du sang et des larmes. C'est l'objet de la seconde partie du documentaire où Moore, tient un témoin extraordinaire. Soit une mère de famille, patriote et militariste jusqu'au bout des ongles, et dont le dollar va tomber quand elle va se demander pour quelle cause son fils reviendra d'Irak les pieds devant. Bâti sur deux piliers, démonstration + émotion, «Fahrenheit 9/11» est clairement une arme. De destruction massive de la campagne électorale de Bush? Paradoxalement, Moore se prive de son arme la plus efficace, l'humour pour développer une argumentation plus idéologique.

© La Libre Belgique 2004





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