Monsieur Dico

PAR JACQUES MERCIER

Les parodies de Virgile

Le Virgile dont je vous entretiens s'appelle Noël Barcy ou Léon Crabbé. Il fut l'auteur (Il nous a quittés en 1970) de 700 chansons destinées aux music-halls bruxellois de l'avant et de l'après dernière guerre, d'une cinquantaine de fables et de textes. Ce fut également l'auteur célèbre des «Dialogues de la semaine» dans le «Pourquoi pas?». Les éditions Racine sortent à présent ses «Parodies» agrémentées d'une judicieuse présentation de Georges Lebouc, où l'on lit: «De tous les genres utilisés par les humoristes bruxellois, la parodie fut sans conteste la reine! Il n'y a pas intérêt à prendre des inconnus comme modèle parce que le public aime reconnaître avant de connaître. C'est la raison pour laquelle les humoristes, Bruxellois ou autres, se sont jetés à corps perdu sur les «Fables» de La Fontaine». Ce n'est pas mon vieux complice de «Dimanche Musique», Stéphane Steeman qui le contredira! Outre les textes, ce qui nous amuse surtout dans cette rubrique ce sont les mots du lexique bruxellois-français qui termine l'ouvrage. Voici quelques échantillons pris au hasard: «Tomber en appelfloeit» c'est s'évanouir, tomber dans les pommes; «Chiken typ'» c'est un homme élégant; «Oué mais non!» c'est pas question!; «patates à casaque» ce sont les pommes de terre en robe de chambre... Et puis les mots que nous connaissons si bien: carabistouille (calembredaine), cartache (grosse bille), blinquer (briller), chocheté (société), croustillon (beignet), surdonyme (pseudonyme) ou finalement: fourt (zut)!

© La Libre Belgique 2004