Monsieur Dico

PAR JACQUES MERCIER

La fancy-fair

«Un couple d'amis canadiens, professeurs honoraires de l'Université de Rimouski, au Québec» nous écrit Jacques Stoffel de Ransart, «attentifs à la langue française, me demandent l'origine du terme «fancy-fair», qu'ils utilisèrent comme moi du temps de leur jeunesse belge et que je continue d'utiliser dans une revue de mon collège...» La fancy-fair est une fête de bienfaisance, c'est également la définition courte donnée dans le livre «Belgicismes». De son côté dans son «Dictionnaire des belgicismes», Christian Delcourt propose comme exemple un texte de Camille Lemonnier, extrait de «La fin des bourgeois» : «Ils y allaient seuls, sans la baronne, très occupée d'une fancy-fair et qui, d'ailleurs, évitait de se montrer trop publiquement avec sa fille». C'est un anglicisme qui a également cours à l'Ile Maurice... Allez savoir pourquoi! «Fair» est une foire, une exposition et une kermesse et «Fancy», de fantaisie, de luxe. Aujourd'hui la fancy-fair ne concerne vraiment qu'une fête d'école, avec ce qu'elle comporte de bénévolat.

L'origine du mot remonte au XIXe siècle, puisque Camille Lemonnier, cité plus haut, a écrit ce livre en 1892.

On peut penser, puisqu'il existe en Flandre qu'il était commun à la Belgique et s'y est implanté, peut-être par le fait d'un snobisme de l'époque? Et puis, vous vous en souvenez sûrement, Alain Souchon a évoqué la chose dans sa chanson «Le baiser» en 1999: «La mer du Nord en hiver / Sortait ses éléphants gris vert / Des Adamo passaient bien couverts / Donnant à la plage son caractère / Naïf et sincère / Le vent de Belgique / Transportait de la musique / Des flonflons à la française / Des fancy-fair à la fraise».

© La Libre Belgique 2004