Brèves

(L.N.)

Archéologie

Le premier théâtre de Shakespeare

Des archéologues ont mis au jour dans l'est de Londres les vestiges d'un théâtre où William Shakespeare a joué ses premières pièces. Le dramaturge élisabéthain était apparu sur les planches du Théâtre de Shoreditch, dans l'est de Londres, comme acteur jouant avec la troupe Les hommes de Lord Chamberlain, qui a aussi monté certaines de ses premières pièces. Les experts pensent que les premières représentations de "Richard III", "Un Songe d'une nuit d'été" et "Le marchand de Venise" ont eu lieu dans ce théâtre. Après un conflit en 1599 avec les locataires, les propriétaires du Théâtre de Shoreditch l'avaient démonté pendant la nuit. Et le bois dont il était fait a été utilisé pour construire un autre théâtre, le Globe, au sud de la Tamise. Les archéologues du Musée de Londres ont découvert le site du théâtre original, de forme octogonale, lors de travaux destinés à la construction d'un nouveau théâtre. "C'est un théâtre dont l'existence est connue depuis longtemps mais aucun vestige n'avait jamais été trouvé", a observé le porte-parole du musée, "C'est le théâtre où s'est produite pour la première fois la troupe d'acteurs dont Shakespeare faisait partie et qui a la première fois mis en scène ses pièces quand il a commencé à écrire". Les vestiges devraient être conservés sur le site du nouveau théâtre. (AFP)

Théâtre-Festival

A Seneffe, un inédit qui fait du bruit

le 11e Festival-Atelier de Seneffe a démarré avec la création, en lecture-spectacle, d'un texte contemporain : "Immer Leiser" de Frank Pierobon, poète, essayiste, philosophe, compositeur, qui accomplit une bonne partie de ses études dans les universités américaines. Il établit, ici, un dialogue où Monique Dorsel et Bambina Liberatore approchent, ou plutôt touchent du bout de l'ongle, souvenirs et secrets, et font le monde (d'hier). Et revisitent, également, l'idée que peut se faire de la culture chaque société formatée selon son époque.

"Immer Leiser" est le titre d'un lieder de Brahms. Ancienne cantatrice et pédagogue réputée des années 30, Elisabeth Wislowska (Monique D.) l'a interprété jadis. Anna Weiss, une ancienne élève (Bambina L.) vient lui rendre visite. Nous sommes dans les années 60. Et Anna rappelle à Elisabeth qu'elle avait été pressentie pour chanter, à Bayreuth, dans "Parsifal"... Mais cela ne s'était pas fait. Pour quelle raison ? Lentement, progressivement, par creusements successifs, nous découvrons qu'Elisabeth serait juive ("mais non, je suis résolument athée !"), et que le pianiste qui l'accompagnait en ses récitals aurait partagé avec elle le sang d'une race de l'âme de la plus haute musique. Des techniques de chant ou de composition, les propos glissent sans cesse vers les attitudes devant la vie, les illusions, les pièges qui guettent nos choix même. Une très grande oeuvre qui, en une heure quarante, nous sonde l'âme, l'esprit, la conscience. Une oeuvre comme un chant intérieur qui nous réveille, nous révèle et ramène à nous-mêmes.