Triple événement au Centre de la Gravure !

La ministre Fadila Laanan a coupé le ruban d’une extension attendue des lieux. Avec ses 1 000 m2 d’aisances en plus, le Centre de la rue des Amours pourra désormais fonctionner avec du répondant à tous les niveaux : nouvel éclairage, salles de conservation, salles de gestion et de préparation des expositions, espaces adaptés pour le Service éducatif, accueil spécial pour personnes à mobilité réduite. De quoi engager les visiteurs à venir en foule, vérifier de visu la qualité des démonstrations graphiques qui s’y lovent et constituent, bien évidemment, le pôle le plus attrayant de l’institution que Catherine de Braekeleer pousse sans cesse vers de nouveaux défis. De quoi rassurer les donateurs ou prêteurs de précieux documents sur les soins entourant ces trésors de papier.

Roger Pierre Turine

La ministre Fadila Laanan a coupé le ruban d’une extension attendue des lieux. Avec ses 1 000 m2 d’aisances en plus, le Centre de la rue des Amours pourra désormais fonctionner avec du répondant à tous les niveaux : nouvel éclairage, salles de conservation, salles de gestion et de préparation des expositions, espaces adaptés pour le Service éducatif, accueil spécial pour personnes à mobilité réduite. De quoi engager les visiteurs à venir en foule, vérifier de visu la qualité des démonstrations graphiques qui s’y lovent et constituent, bien évidemment, le pôle le plus attrayant de l’institution que Catherine de Braekeleer pousse sans cesse vers de nouveaux défis. De quoi rassurer les donateurs ou prêteurs de précieux documents sur les soins entourant ces trésors de papier.

Dans cette joyeuse effervescence, Pierre-Jean Foulon, président du jury international du 20e Prix de la Gravure, salua la lauréate 2011, une jeune Bruxelloise de 32 ans, Anne-Françoise Quoitin, présente aux cimaises avec cinq pointes sèches monumentales. Portraits de jeunes femmes en dialogue incertain, ces estampes, accusées par un trait fin mais puissant, sont avant tout des "regards" qui en disent plus long que tout discours.

Le clou de la manifestation, c’est d’abord et avant tout la démonstration de trente années d’images de Jean-Michel Alberola, un artiste français né en 1953 à Saïda, Algérie. Dès 1981, il était à l’Arc avec les adeptes de la Figuration libre. Exposé par Daniel Templon, Alberola aura sans cesse multiplié les initiatives, diversifié les donnes et persiflé en souriant, l’art graphique s’offrant à lui en livre ouvert à toutes les expériences, tous les inattendus. En s’étalant sur les deux étages du Centre, Alberola ne joue pas la rétrospective empesée. Au contraire, il corse son parcours de surprises, se fiche de toute chronologie, prône le désordre créatif, associe, dans une sorte de hasard voulu, thématiques et rencontres opportunes : "C’est un joyeux bordel !", dit-il, sourire en coin.

Ouvrant la boîte de Pandore, il jongle avec les idées politiques, historiques, économiques, artistiques. Avec les techniques, toutes au rendez-vous. "Déambulation mentale", son exposition, s’arrondit du clin d’œil permanent : "Il parle, je peins", "La société du Pestacle", "Communiste sentimental", etc.

Joyeux luron désespéré, Alberola fait partie de cette race d’artistes qui rigolent pour ne pas pleurer, qui voient le monde tel qu’il est par le prisme de l’absurde, du ridicule, de l’insuffisant. Performeur à sa manière, il décortique un exemplaire du "Capital" de Marx acheté 35 euros, qu’il revend page par page, lentement, à son rythme, sans s’annoncer, à un euro la page Ce qui sera rentable au bout du compte et pour l’anecdote. Marqué sans le savoir, mais c’était dans l’air du temps, par l’esprit Daily-Bul cher à Balthazar, Alberola est un pourfendeur d’idées, de mots, de sentences et de réalités passés à la moulinette du sourire (le même que celui qu’il a peint en rouge à l’entrée de l’expo). "Chien d’aveugle", comme il le précise lui-même, il ouvre notre regard sur le monde par la dérision. Et ça c’est fort ! Il rend aussi un hommage appuyé à l’un de ses pairs qu’il tient pour l’une de ses sources, Marcel Broodthaers, et lui consacre un espace dans l’espace.

Centre de la Gravure, 10 rue des Amours, La Louvière. Jusqu’au 15 mai, du mardi au dimanche de 10 à 18 h. Infos : 064.27.87.20