Les Pouilles, un talon gorgé de soleil et riche de son histoire

SITUÉE À L’EXTRÊME SUD-EST de la botte italienne et en constituant par là même le talon, la région des Pouilles (appelée aussi la Pouille, Puglia en italien) totalise près de 20 000 km2 en bordure des mers Adriatique et Ionienne. Ses habitants, estimés à un peu plus de 4 millions, se répartissent entre des provinces très différentes les unes des autres. Incontestablement, pour le touriste étranger comme pour le résident italien, l’un des grands atouts de cette région méridionale est constitué par son littoral. Longues de plus de 800 km, les côtes des Pouilles, qui rivalisent à cet égard avec la Sicile et la Sardaigne, regorgent de trésors. Qu’il s’agisse d’implantations balnéaires, de criques sauvages ou autres calanques, de plages de sable ou de charmants ports de pêche, il y en a pour tous les goûts.

Bruno Boutsen

Découverte

SITUÉE À L’EXTRÊME SUD-EST de la botte italienne et en constituant par là même le talon, la région des Pouilles (appelée aussi la Pouille, Puglia en italien) totalise près de 20 000 km2 en bordure des mers Adriatique et Ionienne. Ses habitants, estimés à un peu plus de 4 millions, se répartissent entre des provinces très différentes les unes des autres. Incontestablement, pour le touriste étranger comme pour le résident italien, l’un des grands atouts de cette région méridionale est constitué par son littoral. Longues de plus de 800 km, les côtes des Pouilles, qui rivalisent à cet égard avec la Sicile et la Sardaigne, regorgent de trésors. Qu’il s’agisse d’implantations balnéaires, de criques sauvages ou autres calanques, de plages de sable ou de charmants ports de pêche, il y en a pour tous les goûts.

Du nord de la région, qui est également la plus orientale d’Italie, à savoir la péninsule du Gargano, à celle du Salento, située à l’extrême sud du talon, les paysages côtiers rivalisent de beauté. Le territoire des Pouilles est relativement plat, excepté la région verdoyante du Gargano, où l’altitude dépasse à peine 1 000 mètres, et les collines centrales, elles aussi teintées de vert et subdivisées entre les Murge et les Serre. Au large des côtes du Gargano, se trouvent les îles Tremiti qui valent à elles seules le détour. En descendant vers le sud et en longeant la belle côte apulienne, alternent un littoral fait de sable fin et des basses falaises. De Monopoli, station balnéaire doublée d’un port de pêche et située au sud du chef-lieu Bari jusqu’à Otranto, tout au sud, la côte est à prédominance sableuse, avec toutefois quelques parties rocheuses, et fait le bonheur des amateurs de farniente.

Mais réduire les Pouilles à cet aspect, essentiel vu le climat typiquement méditerranéen qui y règne, serait une erreur. En effet, comme la Toscane, la région permet de conjuguer de manière plaisante farniente et tourisme culturel. Ainsi, l’Apulie (qui signifie "terre sans pluies"), comme elle était appelée à l’époque où les habitants de la région occupaient la partie septentrionnale des Pouilles actuelles, est extrêmement riche de son histoire. Une histoire faite de dominations et d’occupations successives jusqu’à la création de la nation italienne en 1861. Et ce n’est qu’en 1950 que la région, qui faisait partie avant son intégration à l’Italie du royaume des Deux-Siciles, prendra le nom de Pouilles. Elle fait aujourd’hui partie des régions du sud qui forment le "Mezzogiorno". Revenons à l’Histoire : les premiers restes humains remontent à plus de 250 000 ans mais les premiers peuples recensés furent, à partir du VIIIe siècle avant J.-C., les Dauniens, les Peucétiens et les Messapes. S’en sont suivies des dominations romaine (Rome est la première à comprendre l’importance stratégique de l’Apulie), byzantine, normande (dès le XIe siècle après J.-C. et dont le "Castel del Monte" de Frédéric II en constitue un superbe témoin), angevine, aragonaise et enfin espagnole. C’est d’ailleurs sous cette ère, aux XVIe et XVIIe siècles, que la région vit se développer les "atifundia", lesquelles ont succédé aux antiques " masseria", et que l’art baroque, dont la ville de Lecce est véritablement le symbole, fut à son apogée. Souvent qualifiée de "Florence baroque" ou de "Florence du Sud" et truffée d’églises et autres basiliques (en l’honneur notamment de Sant’Oronzo, le saint-patron des Pouilles), cette ville prospère est un haut-lieu touristique, véritable fleuron de l’Italie méridionale.