Virunga : l’Etat belge impliqué ?

L’Etat belge est-il indirectement impliqué dans l’exploration pétrolière à l’intérieur du parc national des Virunga, au Congo, au mépris des lois congolaises et engagements de Kinshasa ? C’est la question que se pose le député Georges Dallemagne (CDH), qui a fait part de ses inquiétudes au ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), mercredi, en commission des Affaires étrangères.

MFC

L’Etat belge est-il indirectement impliqué dans l’exploration pétrolière à l’intérieur du parc national des Virunga, au Congo, au mépris des lois congolaises et engagements de Kinshasa ? C’est la question que se pose le député Georges Dallemagne (CDH), qui a fait part de ses inquiétudes au ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), mercredi, en commission des Affaires étrangères.

La Banque mondiale, l’Union européenne, l’Unesco et diverses ONG de protection de la nature ne sont en effet pas arrivées à empêcher - malgré un premier succès - Kinshasa de délivrer une autorisation d’exploration pétrolière pour un bloc dont une partie se situe à l’intérieur du parc national des Virunga, le plus ancien d’Afrique. Le bénéficiaire est un consortium formé autour de la société, basée aux Iles Vierges britanniques, Soco International.

Mercredi, le député Dallemagne a informé Didier Reynders "que Soco est une filiale de Quantic Ltd, dont le principal banquier, selon son site Internet, est la société BNP-Paribas. Or, l’Etat belge est actionnaire à 25 % de cette banque. On peut donc se demander si l’Etat belge finance indirectement l’exploration du parc des Virunga", a dit l’élu à "La Libre Belgique". "J’ai demandé au ministre de faire la lumière sur ce point et, le cas échéant, de couper tout lien entre Quantic et BNP-Paribas. Il a eu l’air surpris et a dit qu’il allait vérifier" l’information.

Par ailleurs, plusieurs membres de la commission parlementaire ont insisté pour que le ministre Reynders écrive à son homologue britannique pour l’alerter sur les agissements de Soco à l’est du Congo. Selon le président de la commission des Affaires étrangères, François-Xavier de Donnéa (MR), cette société a une réputation sulfureuse.

C’est pourquoi la réponse fournie par M. Reynders aux inquiétudes des parlementaires belges au sujet du parc national congolais n’a pas rassuré. "Il a eu l’air de minimiser la portée de l’autorisation d’exploration délivrée à Soco, indiquant qu’il s’agissait seulement d’évaluer les réserves de la zone", dit M. Dallemagne. "J’ai souligné qu’on ne devait pas s’attendre à ce qu’une telle société soit désintéressée."