"Détruire pour provoquer le débat n’est pas permis"

Onze activistes, qui avaient participé à l’arrachage de pommes de terre transgéniques, le 29 mai 2011, dans un champ expérimental de Wetteren, ont comparu mardi matin devant le tribunal de Termonde, accusés notamment d’association de malfaiteurs.

J. A.

Onze activistes, qui avaient participé à l’arrachage de pommes de terre transgéniques, le 29 mai 2011, dans un champ expérimental de Wetteren, ont comparu mardi matin devant le tribunal de Termonde, accusés notamment d’association de malfaiteurs.

Le consortium scientifique (Université de Gand, Haute Ecole de Gand, Institut flamand de biotechnologie et Institut de recherche pour l’agriculture et la pêche) responsable de l’expérience de Wetteren espère que la justice donnera un signal clair : "la destruction n’est pas un moyen admissible pour provoquer le débat", fait-il savoir dans un communiqué. Lieve Gheysen, professeur à l’Université de Gand, précise : "Il est normal que des personnes se posent des questions sur les organismes génétiquement modifiés, mais il n’est pas permis de détruire un champ expérimental". Le consortium scientifique a décidé de se constituer partie civile pour obtenir un dédommagement financier, et récupérer ainsi les sommes importantes investies.

De son côté, le "Field Liberation Movement", à l’initiative de l’action du 29 mai, pense que "la criminalisation de l’action de remplacement des pommes de terre OGM par des biologiques, action pacifique, est absolument démesurée par rapport aux faibles dégâts infligés". Elle a reçu le soutien de personnalités comme les eurodéputés Bart Staes et José Bové. Voici ce qu’a déclaré le premier : "Les évaluations insuffisantes des risques environnementaux et sanitaires (...) justifiaient pleinement l’action de neutralisation de cet essai en plein champ".

Le verdict du procès tombera le 15 janvier 2013. Entre-temps, le mouvement "Field Liberation" a déjà annoncé qu’il continuerait à organiser "des actions contre les OGM et l’agriculture industrielle dont ils font partie".