Stefan Zweig était un habitué

Extraits. Voilà quelques citations de Stefan Zweig parlant du Caillou-qui-bique : "Ce n’est pas une ville, ce n’est pas un bourg, pas même un hameau, ni une station de chemin de fer. C’est tout au bout du monde et cependant on y arrive en quatre heures de Bruxelles, Londres, Cologne ou Paris. C’est un point cardinal dans l’invisible. Aucune chaussée, aucun chemin, ne conduit à sa demeure. Un sentier, une ornière qui toujours se faufile sous les arbres. Est-ce bien une maison ? Pas même une maisonnette, ce n’est qu’une grange en briques, sans autre décor que les guirlandes de verdure et de roses qui s’accrochent sur le rouge brunâtre de la brique. C’est un ouvrier qui se tient sous les arbres : veston de velours gris, culotte bouffante, sans col ni cravate, des sabots aux pieds, plutôt laboureur, fermier d’Amérique, que bourgeois bourgeoisant. Un gros gourdin à la main, il marche, allègre, le long de l’étroite lisière. Celui qui était reçu ici, était un ami et un hôte qui ne faisait pas que passer, fugitif, mais devenait partie de la maison, partageant le pain, les heures et le silence. J’ai passé cinq étés au Caillou-qui-bique. J’ai appris ici à reconnaître la signification de la vie simple et sa bienfaisante beauté. Pour la première fois, j’ai surpris, dans la douce chanson de cette vie, la loi de l’harmonie parfaite dans laquelle l’homme doit se trouver avec le paysage, pour se fondre tout entier dans la nature. Lorsque le soir, assis autour de la table, nous nous faisions tour à tour la lecture, les vers que l’un ou l’autre de nous aimait, semblaient quelque chose de divin et de surnaturel, transportés d’un monde étranger dans cette petite chambre."

Extraits. Voilà quelques citations de Stefan Zweig parlant du Caillou-qui-bique : "Ce n’est pas une ville, ce n’est pas un bourg, pas même un hameau, ni une station de chemin de fer. C’est tout au bout du monde et cependant on y arrive en quatre heures de Bruxelles, Londres, Cologne ou Paris. C’est un point cardinal dans l’invisible. Aucune chaussée, aucun chemin, ne conduit à sa demeure. Un sentier, une ornière qui toujours se faufile sous les arbres. Est-ce bien une maison ? Pas même une maisonnette, ce n’est qu’une grange en briques, sans autre décor que les guirlandes de verdure et de roses qui s’accrochent sur le rouge brunâtre de la brique. C’est un ouvrier qui se tient sous les arbres : veston de velours gris, culotte bouffante, sans col ni cravate, des sabots aux pieds, plutôt laboureur, fermier d’Amérique, que bourgeois bourgeoisant. Un gros gourdin à la main, il marche, allègre, le long de l’étroite lisière. Celui qui était reçu ici, était un ami et un hôte qui ne faisait pas que passer, fugitif, mais devenait partie de la maison, partageant le pain, les heures et le silence. J’ai passé cinq étés au Caillou-qui-bique. J’ai appris ici à reconnaître la signification de la vie simple et sa bienfaisante beauté. Pour la première fois, j’ai surpris, dans la douce chanson de cette vie, la loi de l’harmonie parfaite dans laquelle l’homme doit se trouver avec le paysage, pour se fondre tout entier dans la nature. Lorsque le soir, assis autour de la table, nous nous faisions tour à tour la lecture, les vers que l’un ou l’autre de nous aimait, semblaient quelque chose de divin et de surnaturel, transportés d’un monde étranger dans cette petite chambre."