Belgique

Le gouvernement wallon a décidé jeudi de mobiliser durant les quatre années à venir 640 millions d'euros pour moderniser son réseau (auto)routier et fluvial afin de soutenir la développement socio-économique de la Région et doper l'emploi. Un effort qualifié "d'historique". 

"Il s'agit du plus gros plan d'investissement jamais dégagé par la Wallonie pour son réseau routier et fluvial. Ce sont des montants inédits", a assuré jeudi le ministre des Travaux publics Maxime Prévot à l'occasion d'une conférence de presse organisée à l'issue de la réunion hebdomadaire du gouvernement.

"L'objectif est de doter ainsi la Wallonie d'un réseau d'infrastructures moderne, sûr et performant", a-t-il ajouté.

Fruit d'un travail d'un an, ce plan "Infrastructures 2016-2019" sera financé pour moitié par la taxe kilométrique pour les camions de plus de 3,5 tonnes qui doit entrer en application en avril prochain.

Le plan consacrera plus de la majorité (347 millions d'euros, soit 54%) de son budget à améliorer le réseau secondaire wallon, lequel accueille actuellement le gros du trafic et connaît le taux d'accidents le plus important.

Ces moyens serviront, selon les besoins locaux identifiés par l'administration, à renouveler ici le revêtement routier, là à placer un rond-point sur un carrefour dangereux, ou améliorer l'éclairage ailleurs, etc.

Près de 130 millions (20%) serviront par ailleurs à poursuivre la politique de rénovation des autoroutes déjà entamée sous la précédente législature, tandis que quelque de 90 millions d'euros seront mobilisés pour améliorer l'accessibilité des zones d'activités économiques de Wallonie, pourvoyeuses d'emplois.

Enfin, le solde, soit 75 millions d'euros, servira à améliorer les voies hydrauliques wallonnes qui voient défiler 40 millions de tonnes de fret par an, soit l'équivalent de 2 millions de camions semi-remorques qui ne se retrouvent dès lors pas sur les routes.

Selon le gouvernement wallon, qui s'appuie sur des chiffres livrés par un consultant extérieur, ce plan d'investissement va considérablement stimuler l'économie wallonne puisqu'il assurera l'emploi de 6 à 8.000 personnes et fera croître le PIB de la Région de l'ordre de 520 millions d'euros.

"Cela va donner un bulle d'air extraordinaire au secteur du génie civil", s'est félicité M. Prévot.

Près de 50 millions d'euros de l'enveloppe serviront exclusivement à la réfection de tous les ponts routiers wallons aujourd'hui jugés dangereux (dits de catégorie A).

Présent jeudi aux côtés de Maxime Prévot, le ministre-président Paul Magnette a assuré que les différents chantiers programmés avaient été identifiés sans aucun favoritisme, ni considération politique locale.

"La preuve, c'est que l'un des plus gros investissement du plan -15 millions d'euros- servira à financer les contournement de Wavre (bastion du Premier ministre Charles Michel, ndlr)", a-t-il souligné.

Si ces travaux s'étaleront sur plusieurs années, la volonté du gouvernement est toutefois que tous les marchés soient attribués d'ici 2019 au plus tard.

La Wallonie compte actuellement 8.375 km d'autoroutes et routes régionales et 450 km de voies fluviales.

En ajoutant le plan d'investissement annoncé jeudi aux crédits classiques d'entretien, c'est un total de 2 milliards d'euros que la Wallonie va investir dans ses infrastructures au cours de cette législature (2014-2019).

"La Wallonie jouit d'une localisation remarquable en Europe, ce qui la place dans le top 5 européen en matière de logistique", a rappelé le ministre-président wallon. "Mais cela ne restera un atout que si l'on y investit".