Belgique

Un commentaire de Jean-Claude Matgen.

Le bâtiment est resté fermé au public toute la journée de mardi et des dizaines d’audiences n’ont pu se tenir. En une semaine, c’est le troisième incident d’importance et c’est le plus grave. En cause, officiellement, un manque d’effectifs au sein du corps de sécurité.

Le problème se pose depuis des mois. Le 2 mars, le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) avait insisté pour que la sécurité et la surveillance du palais de justice de Bruxelles "soient assurées sans relâche". Il avait promis une "solution structurelle" et disait œuvrer pour que des moyens humains "nécessaires" soient mis à la disposition du corps de sécurité.

Ce n’est apparemment pas le cas trois mois plus tard. Du côté des agents de sécurité, on parle d’heures supplémentaires impayées, de prestations interminables et de manque de soutien de la part des policiers de la zone de Bruxelles-Ixelles. Où l’on attribue la responsabilité de ce vaudeville au comportement irresponsable de fonctionnaires incapables de consentir un effort lorsqu’une situation un peu chaude se présente. On a même entendu des protagonistes….reprocher à la justice d’organiser trop de procès sensibles en même temps. Autrement dit, de faire son travail.

En attendant, c’est le justiciable qui trinque. Et avec lui l’institution judiciaire et ses acteurs à qui l’on demande, avec des moyens sans cesse rabotés, d’effacer l’arriéré tout en les empêchant de fonctionner à la moindre contrariété. La porte-parole du parquet de Bruxelles a eu raison d’affirmer, mardi, que l’appareil judiciaire est en danger et le barreau manifeste son exaspération à juste titre.

On peut comprendre que le service de sécurité ne supporte plus de subir les effets de la gestion erratique d’un dossier qu’on a laissé pourrir. Quoi qu’il en soit, il est temps, comme le demande le président du tribunal de première instance, que les responsables concernés mettent d’urgence fin à un spectacle digne d’une république bananière.