Belgique

Parallèlement à la problématique de scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (plus connu aujourd'hui sous le sigle de BHV), le dossier des nuisances sonores générées par les avions de Bruxelles-National est le second point sensible du futur gouvernement fédéral. Car sur ce point, les considérations communautaires ont aujourd'hui tellement plombé le dossier que les solutions objectives ne semblent satisfaire aucune des deux communautés, principalement les dirigeants flamands.

Mais selon nos infos obtenues à bonnes sources, pendant que les responsables politiques de la future coalition fédérale négociaient sous le feu des projecteurs, un groupe informel (Francophones, Flamands) planchait, en toute discrétion, sur des solutions pour résoudre le dossier du bruit des avions. Composé d'experts et de représentants des partis autour de la table de négociation fédérale, il avait déjà dégagé des points d'accord que les membres ont accepté de défendre auprès de leurs communautés et états majors respectifs. "Tout le monde est d'accord que le plan de dispersion Anciaux est constitutif d'infractions et génère des astreintes et qu'il faut y mettre fin. Sur d'autres points, nous sommes très loin aussi", nous a confié une source proche du dossier.

Garanties à Macquarie

Par ailleurs, les participants auraient aussi convenu d'empêcher que les vols de nuit qui disparaîtront en mars 2008 avec le départ de l'opérateur express DHL (à Leipzig) soient remplacés par d'autres mouvements d'avions nocturnes. Par conséquent, les riverains seraient soulagés d'environ 10 000 vols de nuit et il n'en resterait que près de 15 000. Actuellement, on dénombre environ 254 000 mouvements dont 230 000 vols de jour. Il est aussi question de fixer des quotas count (quotas de bruit que peut émettre un avion) pour la nuit et la journée pour favoriser une meilleure gestion des avions entrant dans le ciel belge.

Même si des membres du groupe informel auraient souhaité revoir le nombre des mouvements de jour à Brussels Airport, ils sont aujourd'hui bloqués par des garanties données par l'Etat fédéral à Macquarie, la société australienne qui a racheté l'ex-Biac, le gestionnaire de l'aéroport national. Même si le contrat est, jusqu'à présent confidentiel, il semble que le fédéral y a garanti à Macquarie qu'on ne limiterait pas les vols de jour à Bruxelles-National.

D'autres points restent encore à finaliser comme l'allongement de la nuit d'une heure qui est une des demandes du gouvernement de Bruxelles-Capitale et des riverains. Aujourd'hui, la nuit s'étend à Bruxelles de 23 h à 6 h du matin et les riverains, tout comme Bruxelles souhaitent qu'elle soit étendue à 7 h du matin. Mais les membres du groupe informel se rendent compte aujourd'hui qu'il serait difficile de satisfaire cette demande, car il y a beaucoup de décollages entre 6 et 7 h du matin qui risquent d'alourdir considérablement la souffrance des riverains du Noordrand (nord de Bruxelles) au profit des riverains de la capitale.

Résolution sur le contrôleur

Ils doivent aussi s'accorder sur de nouvelles normes de vent et la façon de voler les week-ends et la nuit. Il s'agit de fixer l'usage des pistes. Il y a aussi un accord sur l'autorité indépendante de contrôle des nuisances de l'aéroport.

Deux résolutions du groupe MR à la Chambre ont été prises en considération jeudi. Elles visent la création de cet organe indépendant (souhaité par les acteurs) et une augmentation des effectifs des services de contrôle de la Direction générale du transport aérien. Malheureusement, il semble que depuis le 7 septembre (vote de la scission de BHV en commission à la Chambre), tout est bloqué et qu'une réunion du groupe prévue ce jour a été annulée à la dernière minute.