Belgique

Si les libéraux n’ont pas pu convaincre leurs partenaires de limiter l’octroi des allocations de chômage dans le temps, ils ont au moins réussi à leur faire accepter de limiter les allocations d’attente. Cela concerne quand même plus de 25 % des demandeurs d’emploi inoccupés dépendant de l’Onem.

Comme son nom le laisse entendre, l’allocation d’attente est réservée aux demandeurs d’emploi qui n’ont pas encore ouvert un droit à l’assurance-chômage. On les appelle parfois "allocations après les études" parce qu’elles ont été imaginées au départ pour permettre aux jeunes diplômés de vivre une vie autonome jusqu’à leur premier emploi. Mais ce ne sont pas toujours des jeunes qui en bénéficient. Les statistiques de l’Onem montrent que sur les 111 267 bénéficiaires recensés en novembre, seuls 48 184 ont moins de 25 ans. La majeure partie d’entre eux (62 154) est âgée de 25 à 49 ans. Les statistiques indiquent même que 929 bénéficiaires d’une allocation d’attente - dont 663 en Wallonie - ont plus de 50 ans. Ce qui soulève souvent les sarcasmes. Ce n’est cependant pas parce que certains bénéficiaires sont âgés qu’ils n’ont jamais travaillé de leur vie. " Pour ouvrir le droit au chômage , commente Sébastien Robeet, conseiller juridique à la Centrale nationale des employés (CNE), il faut avoir travaillé au moins douze mois au cours des dix-huit mois qui précèdent la demande. Si vous travaillez à mi-temps, vous ne pourrez donc jamais avoir droit à une allocation de chômage. Il n’y aurait que 7 personnes en Belgique qui auraient touché du chômage toute leur vie ."

Quoi qu’il en soit, les changements imaginés par le nouveau gouvernement seront importants. Sur la forme et sur le fond.

1 A partir du 1er janvier, les allocations d’attente deviennent les allocations d’insertion. Tout un symbole.

2 Le stage d’attente n’est pas seulement rebaptisé "stage d’insertion professionnelle", il est aussi rallongé de trois mois. Avant, le jeune devait attendre neuf mois avant de toucher une allocation d’attente. Il doit désormais attendre douze mois pour bénéficier de son allocation d’insertion.

3 Et cette allocation sera conditionnée à 3 évaluations positives de rang. Au cours de son stage, le demandeur d’une allocation sera en effet évalué tous les quatre mois par le service régional de l’emploi dont il dépend. " C’est la première fois , poursuit Sébastien Robeet, qu’une évaluation positive est rendue nécessaire pour ouvrir un droit. Jusqu’à présent, de telles évaluations n’étaient mises en place que pour pouvoir en maintenir un. "

4 Une allocation limitée dans le temps . Les cohabitants non privilégiés (c’est-à-dire les chômeurs qui cohabitent avec un partenaire ne disposant que de revenus de remplacement) n’auront droit à une allocation d’insertion que durant trois ans. Le chrono a été enclenché le 1 er janvier. Les premières exclusions surviendront donc à partir du 1 er janvier 2015. Pour les autres catégories de bénéficiaires (les chefs de ménage et les isolés), le droit est aussi limité à trois années, mais le décompte se fait dès qu’ils atteignent l’âge de 30 ans. Cette période de trois ans sera en outre prolongée de six mois si le bénéficiaire a travaillé 156 jours en équivalent temps plein au cours des deux dernières années.