Belgique

La soirée-débat organisée dimanche par les riverains de l'aéroport de Bruxelles-National à Woluwe-St-Pierre sur la problématique des nuisances sonores des avions fait déjà du bruit au nord du pays. Lors de la rencontre, les associations ont dévoilé leur cahier de revendications qui contient la fin du plan de dispersion des vols en vigueur, le retour à l'utilisation préférentielle des pistes parallèles 25 et une limitation des vols de jour à 250 000 mouvements. Un acteur de premier plan dans le dossier vient de dégainer le premier : Bert Anciaux (Spirit), l'ex-ministre fédéral de la Mobilité et auteur du plan de dispersion qui porte son nom. "Je ne suis pas marié avec le Plan de dispersion. D'ailleurs, c'est un mythe, une affaire psychologique dans la tête de certains riverains. Je suis d'accord pour qu'on y renonce, mais je souhaite l'élaboration d'un nouveau plan de dispersion plus correct, plus équilibré pour tous les riverains", nous a confirmé l'actuel ministre flamand de la Culture, après l'avoir écrit sur son site Internet.

Il se dit aussi favorable à une interdiction des vols de nuit, mais de façon progressive. "Les vols de nuit ne sont pas importants pour l'économie belge, ni pour l'emploi. Bruxelles et la Flandre n'en ont d'ailleurs pas besoin. Ils ne profitent seulement qu'à quelques sociétés", dit-il. Quand on lui fait remarquer que des partis flamands comme Groen ! et Open VLD se sont prononcés dimanche pour la fin du plan Anciaux, il répond: "La position de Groen ! est incroyable. Je me demande comment ils vont justifier la discrimination que va engendrer la concentration. Le principe d'une répartition équitable des nuisances se trouve aussi dans l'accord du gouvernement bruxellois et dans celui du gouvernement flamand aussi".

Sa sortie n'a évidemment pas échappé aux riverains, victimes des nuisances. "Quelle merveilleuse idée a eu M. Anciaux. Nous sommes prêts à le suivre pour l'élaboration d'un nouveau plan, mais nos revendications sont connues. Nous voulons supporter notre part de nuisances, mais dans le cadre de l'usage préférentiel des pistes 25, près de 45 pc des avions virent déjà à gauche au-dessus de l'Oostrand", rétorque Peggy Cortois, porte-parole des associations de l'Est de Bruxelles. "Le retournement de veste de M. Anciaux relève de la moquerie", fustige Ecolo qui l'invite à aller convaincre "ses collègues du gouvernement flamand et ses amis du SP.A du "bien-fondé de sa nouvelle position" pour permettre "un atterrissage en douceur du dossier plongé dans les turbulences depuis 4 ans".