Belgique

"Il y a un temps pour arrêter de pleurer et pour commencer à parler. J'ai rassemblé les éléments qui permettront de montrer que je n'ai rien à me reprocher. Avec ce dossier, je vais enfin pouvoir me faire entendre." Anne-Marie Appelmans n'a pas laissé couler de larme hier, devant la presse. Pas de sanglots dans la voix. A peine une faiblesse vite effacée.

Celle qui a été éconduite du secrétariat général de l'interrégionale de la FGTB à la mi-octobre contre-attaque. Sur deux fronts. D'une part, elle contestera son licenciement pour faute grave devant le tribunal du travail. D'autre part, elle intentera une action en responsabilité civile à l'encontre de Mia De Vits, présidente de la FGTB et, à ce titre, maître d'oeuvre de son éviction.

Anne-Marie Appelmans veut retrouver `le droit à une vie sociale´ qu'elle estime avoir perdu. `Croyez-vous, s'indigne l'ancienne patronne de l'interrégionale bruxelloise, qu'il est facile de soutenir le regard de vos amis quand vous avez été accusée d'utilisation incontrôlée de fonds syndicaux et de gestion désastreuse du personnel?.´ Des accusations dont elle réfute la moindre parcelle de fondement. Gestion désastreuse du personnel? `Cet argument, dit-elle, a été utilisé par les responsables de la FGTB dans un communiqué envoyé à la presse pour justifier mon licenciement. Mais il n'a pas été repris dans mon C 4. Et pour cause. Il est basé sur une pétition qui a circulé parmi les membres du personnel de l'interrégionale et qui n'a récolté que 4 signatures.´ Utilisation incontrôlable de fonds syndicaux? `Ma gestion a été irréprochable. Les comptes de l'interrégionale bruxelloise sont en boni. C'est vrai que j'ai eu un problème avec un de mes comptables en 2001. Mais il a été licencié.´

Une élite qui décide de tout

Anne-Marie Appelmans retourne les arguments à leurs destinateurs. `Ils ont dit que je refusais la transparence. Mais qui sont-ils pour me reprocher cela? Lorsque que le magazine `Trends´ leur a demandé d'ouvrir le livre des comptes du syndicat, ils ont refusé. En fait, à la FGTB, il y a une petite élite, 10 personnes au maximum, qui décide de tout sans la moindre transparence. C'est précisément cette petite élite qui a décidé que Mia De Vits devait être nommée à la tête du syndicat.´

A l'instar d'Albert Faust, l'ancien secrétaire général du Setca de Bruxelles-Hal-Vilvorde, licencié comme elle à la faveur de l'été, elle évoque le complot politique. Et d'exhiber une note interne dans laquelle Mia De Vits propose d'organiser des formations à l'intention des nouveaux membres du personnel de la FGTB pour les `former à notre idéologie´.

Anne-Marie Appelmans se range désormais au côté d'Albert Faust dans sa lutte contre l'appareil syndical de la FGTB. Lequel Albert Faust s'est fixé comme objectif de rallier, dès l'an prochain, 50000 adhérents au mouvement - le `Mouvement pour la démocratie syndicale´ - qu'il a lancé.

© La Libre Belgique 2002