Belgique

Ce matin, le Kern a décidé de ne pas organiser de journée de deuil national, selon Le Soir. Une commémoration est toutefois prévue en hommage aux victimes de la tuerie de Liège. La date n'a pas encore été déterminée. Le Premier ministre Elio Di Rupo s’est rendu à Liège pour signer le registre des condoléances à l’Hôtel de Ville.

Hier soir, le corps d'une femme de ménage a été retrouvé lors d'une perquisition chez Nordine Amrani. Une autopsie est en cours pour déterminer si cette dame de 45 ans a été violée ou non. Elle est la cinquième victime de ce massacre après l'auteur lui-même (qui s'est bien suicidé, a confirmé le parquet ce matin), Mehdi Nathan Belhadj (15 ans), Pierre Gerouville (17 ans) et un bébé de 17 mois.

Une dame de 75 ans, annoncée morte ce mardi, est bien vivante, toujours aux soins intensifs, tout comme un homme de vingt ans et un bébé de 23 mois que certaines sources médicales annonçaient morts également ce mardi.

Nordine Amrani, qui s'est suicidé, avait vraisemblablement été blessé par l'une de ses grenades avant de mettre fin à ses jours. Si ce scénario se confirme, on peut imaginer que le bilan aurait pu être encore plus lourd puisque le sac du forcené était rempli de munitions, selon la procureur du roi. Notons que le dernier bilan de cet attentat se chiffre à cinq morts et 125 blessés dont 5 sont encore en soins intensifs et une quarantaine ont dû recevoir une aide psychologique.

Quel mobile ?

Les interrogations persistent sur les motifs du tueur, Nordine Amrani. "Les premiers éléments de réponse (...) c'est qu'il y avait, sur base de faits de moeurs récents, une convocation à la police à 13h30, et qu'il pourrait avoir craint d'être renvoyé en prison" en raison du non-respect des conditions de sa libération anticipée, a commenté la ministre Joëlle Milquet.

La décision de libération conditionnelle est analysée par la ministre de la Justice Annemie Turtelboom, qui en informera le comité ministériel restreint à 9 heures.

"Nous examinerons les réponses politiques à apporter, au-delà de toutes celles qui sont déjà dans l'accord de gouvernement concernant le renforcement des peines incompressibles ou la priorité donnée (à la lutte contre le trafic illégal d'armes", a expliqué Mme Milquet.

Nordine Amrani, l'auteur de la fusillade de Liège, était "assez inquiet" à l'idée de retourner en prison alors qu'il était en liberté conditionnelle, a indiqué mercredi son avocat qui l'avait eu au téléphone peu avant les faits. "Il était assez inquiet par rapport à la possibilité de retourner en prison, je crois que c'est ça qui le tracassait vraiment", a indiqué Jean-François Dister au micro de RTL-TVI.

Nordine Amrani a appelé son avocat à deux reprises, lundi puis mardi matin, à propos de la convocation qu'il avait reçu auprès de la police pour une affaire de moeurs, et qui aurait dû avoir lieu mardi en début d'après-midi, près d'une heure après la fusillade dans le centre de Liège.

Toutefois, si l'avocat indique avoir ressenti son client comme "nerveux, comme souvent quand il avait un souci avec la justice", il n'a pas du tout soupçonné qu'il aurait été capable d'en arriver là. "Encore maintenant, je ne comprends pas", a dit l'avocat.

Quand les sources "officielles" ne le sont pas

Depuis le drame, intervenu ce mardi vers 12h30, les rumeurs les plus folles se succèdent. Alors qu'on pensait, hier en soirée, que le calme était revenu et que les informations "officielles" pouvaient être écrites au présent et non plus au conditionnel, on se rend compte ce matin, avec l'annonce de Danièle Reynders concernant la victime de 75 ans annoncée morte alors qu'elle ne l'est pas, que le chaos qui a suivi cette tuerie est toujours quelque peu présent.

Les journaux télévisés ont mis en avant ce mardi soir les inconvénients des nouveaux médias (dont fait partie lalibre.be), à commencer par la désinformation. Force est de constater que ces mêmes télévisions ont été abusées par une "fausse information" en relatant la mort de cette dame de 75 ans. La preuve, sans doute, que le drame humain encouru ce mardi à Liège a dépassé toutes les personnes concernées, des personnes présentes sur place aux médias, en passant par Madame la procureur du Roi.

Les armes de Nordine Amrani avaient bien été saisies (procureur général)

Nordine Amrani a été condamné en septembre 2008 par le tribunal correctionnel de Liège à 48 mois de prison pour détention de 2.800 plants de cannabis et à 16 mois de prison pour détention d'armes (9.500 pièces d'armes et une dizaine d'armes lourdes).

Mais cette dernière prévention n'a pas été retenue par la cour d'appel en mars 2009. "La cour d'appel n'a effectivement pas pu le condamner sur ces faits là en raison d'un problème technique. La loi en matière de détention d'armes a changé et la cour n'a pas visé la bonne loi. C'est la seule raison pour laquelle la prévention n'a pas été retenue", a expliqué le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé, à Belga, démentant ainsi des informations communiquées à certaines media par l'avocat de Nordine Amrani.

Les écoles des adolescents tués annulent les examens

Le Collège Saint-Barthélémy et le Collège Saint-Louis, les écoles que fréquentaient les deux adolescents victimes de Nordine Amrani, ont décidé d’annuler les examens. Les élèves ont pu exprimer leur ressenti librement à l'école.