Belgique

Commentaire.

A titre personnel, dans votre vie privée ou professionnelle, l’année écoulée a peut-être été un grand cru. Tant mieux, réjouissez-vous des bonnes nouvelles. Alors que tout le monde se souhaite chaleureusement une "Bonne Année !!!", il est difficile d’y croire réellement si l’on observe ces douze derniers mois.

L’attaque contre Charlie Hebdo n’était en fin de compte que l’amuse-bouche empoisonné d’une année indigeste sur le plan international. La terreur des fanatiques, le chagrin des victimes innocentes, la détresse des réfugiés, le désespoir des Grecs, l’angoisse de l’avenir… Pire encore, tout s’entremêle, comme on a pu le voir avec le rejet des réfugiés car une poignée de terroristes se confondent à eux pour mieux nous piéger. Impossible pour autant de passer sous silence les appels à l’aide des demandeurs d’asile, premières victimes des fous qui massacrent, torturent et violent. Face à de tels crimes, nous serions aussi sur les routes de l’exil à la recherche d’une porte ouverte.

Notre société occidentale et nos valeurs ont rarement été autant menacées. La montée fulgurante des extrêmes et la libération des paroles haineuses le démontrent.

2015 a aussi été un électrochoc pour nous tous : plus personne ne peut encore fermer les yeux sur les dangers que représente Daech, mais aussi et surtout, sur l’endoctrinement "express" des jeunes qui ont le sentiment de n’avoir ni racines ni ailes. Sortons la tête du sable et ne perdons pas trop de temps à désigner des responsables. Donnons-nous les moyens de prévenir et de combattre ce mal tous ensemble, quelles que soient les couleurs politiques et convictions philosophiques ou religieuses.

Plus que jamais, la résolution de 2016 doit être d’agir pour éviter de devoir réagir. Au lieu de répéter inlassablement des discours abstraits, osons aborder les sujets les plus sensibles avec nuances et pragmatisme. C’est dans l’intérêt de tous de ne pas délaisser ceux-ci aux populistes. Dire aux électeurs que leur message est "entendu et compris" ne suffit plus. Commençons par entendre les acteurs de terrain qui connaissent mieux que quiconque les ingrédients du radicalisme qui n’a de religieux que le prétexte. Pour combattre un ennemi commun, il ne suffit pas de le redouter, il faut d’abord le comprendre et le connaître.

Bonne Année à tous,

Dorian de Meeûs

Rédacteur en chef de LaLibre.be