Belgique

Baudouin de Grunne, qui s’est éteint vendredi à l’âge de 94 ans, était un Belge hors normes. Issu d’une famille de grands serviteurs de l’Etat, originaires de la région liégeoise, il ne fut pas en reste par rapport à ses aïeux, qui se distinguèrent aussi au service des monarques tant sous l’Ancien Régime que sous la dynastie actuelle. Mais les Hemricourt de Grunne livrèrent aussi plusieurs bourgmestres à la longévité administrative étonnante.

C’était le cas du défunt, véritable municipaliste dans l’âme. Il fut longtemps le directeur général de l’Union des villes et des communes mais entrera surtout dans l’Histoire comme l’indéboulonnable bourgmestre de Wezembeek-Oppem de 1947 à 1995, perpétuant ainsi une tradition qui remontait pratiquement à l’installation de sa famille sur place en 1896. Il aurait certes voulu ceindre son écharpe tricolore encore une dernière fois et devenir un recordman du genre mais les négociations post-électorales le rejetèrent dans l’opposition suite à l’alliance entre l’autre liste francophone et la liste flamande DWO.

Un comble pour Baudouin de Grunne Car s’il était considéré comme "la voix de la périphérie" au sein du PSC, il ne fut certainement jamais le maïeur d’une seule communauté, s’étant toujours montré très ouvert à tous les Wezembeekois. Défenseur acharné des facilités, il ne pensait cependant pas que l’intégration de sa commune dans Bruxelles la rendrait plus heureuse. Très attaché à son pays, il le manifesta pendant la Seconde Guerre mondiale d’abord au sein du Réseau Socrate ensuite dans l’Escadron Brumagne chargé de couvrir la direction de l’Armée Secrète. Au lendemain du conflit, le comte de Grunne tout en reprenant le flambeau familial à Wezembeek travailla aussi au sein des cabinets des ministres Gutt, Coppé et Duvieusart tout en réfléchissant au renouveau politique au sein de La Relève.

Grand amateur d’arts premiers africains - notre confrère Philippe Farcy le qualifia un jour de Chirac du Brabant - le défunt était aussi le fondateur de Delphus, l’association chère à la princesse Esmeralda qui, lancée voici vingt ans, pour protéger les dauphins s’implique de plus en plus aujourd’hui dans la delphinothérapie.