Belgique

Les responsables politiques participant aux négociations fédérales qui penseraient qu'ils pouvaient laisser dormir le dossier des vols de nuit doivent déchanter. Sept associations de riverains de l'aéroport national (ZoneS, 25 Decibel, Sterrebeek 2000, Wakker Tervuren, Waker Up Kraainem, Awacss, UBCNA/BUTV) ont envoyé hier une lettre commune au formateur Yves Leterme (CD & V). L'objectif est non seulement de maintenir la pression sur les négociateurs pour un règlement du dossier, mais elles rappellent aussi leurs exigences relatives à la problématique du bruit des avions. "Il y a très peu de différences par rapport à notre cahier de revendications, mais l'originalité de la démarche réside dans le fait qu'elle est commune et qu'elle émane des associations de l'Oostkamp (Steenokkerzeel, Erps-Kwerps, etc.) et l'Oostrand (Wezembeek-Oppem, Crainhem, etc.) et que ces communes sont toutes de la Région flamande. C'est la raison pour laquelle la lettre est écrite en néerlandais", nous a confié Frédéric Petit, échevin de l'Environnement à Wezembeek-Oppem et administrateur d'Awacss, une des sept associations signataires de la lettre.

Dans leurs revendications, elles demandent notamment la fin des vols de nuit d'ici cinq ans.

Dispersion par les routes

Elles refusent que le départ de DHL soit compensé par des vols d'autres avions cargo ou des compagnies aériennes charter.

En attendant la suppression définitive des vols de nuit, elles plaident pour une limitation drastique des niveaux sonores des avions (les quotas Count).

La lettre des sept associations apparaît aussi comme un cri d'alarme plaidant pour un allongement de la nuit de 23h à 7h du matin contre actuellement 23h à 6h. Il s'agit en fait d'une demande qui figure également dans les exigences de la Région de Bruxelles-Capitale. "Nous voulons aussi qu'on opte pour une dispersion par les routes et non par les pistes comme on le fait actuellement dans le cadre du plan de dispersion Anciaux", poursuit Frédéric Petit.

Une autre revendication des riverains est le retour à la situation d'avant 1999 où les deux pistes parallèles 25 sont utilisées de façon préférentielle. Les riverains exigent que la piste en diagonale 02/20 soit utilisée en "cas de conditions climatiques exceptionnelles" et non de façon préférentielle comme c'est le cas actuellement.

L'UBCNA s'est étonnée hier que le formateur Yves Leterme annonce un accord global sur la formation du prochain gouvernement fédéral alors que le dossier des vols de nuit de Brussels Airport demeure en suspens. "Il faudra aussi, outre BHV (Bruxelles-Hal-Vilvorde), évoquer le tout aussi épineux problème de l'aéroport et des procédures de vols autour de Bruxelles-National, avec une seule solution : supprimer définitivement le plan de dispersion", lit-on dans le communiqué de l'association qui rappelle que le plan coûte actuellement à l'Etat (et donc au contribuable) au moins 12,5 millions d'euros dont 2,5 millions en frais d'avocats et le reste en astreintes.