Belgique

Sondage de La Libre/RTBF/Dedicated sur la confiance qu'ont les Belges en leur justice et dans leurs prisons.

Une confiance très mitigée dans l’institution judiciaire belge, la conscience qu’elle devrait recevoir davantage de moyens pour mieux fonctionner, des priorités placées dans la lutte contre le terrorisme, la grande criminalité et la fraude fiscale, des critiques très vives s’agissant de la lenteur de la justice dans le traitement des dossiers et du coût des procédures : les Belges ne sont pas très heureux de la manière dont ils sont traités en tant que justicibales.

C’est la conclusion que l’on peut tirer des résultats du sondage réalisé pour le compte de “La Libre” par Dedicated.

Une confiance mesurée

Les citoyens belges sont plus nombreux (53 %) à n’avoir pas confiance en leur justice qu’à croire en elle (41 %). Et ceux qui lui accordent leur confiance sont très nombreux (36 % sur les 41 % précités) à le faire de façon relative.

On constate en outre des disparités régionales, entre les sexes et selon les âges. La moitié des Bruxellois font confiance à la justice belge contre 40 % seulement des Flamands et des Wallons.

La confiance est plus grande chez les hommes (46 %) que chez les femmes (36 % à peine). Elle est également plus nette chez les 18-34 ans (54 %) que chez les 35-54 (37 %) et chez les plus de 55 ans (36 %).

Délais trop longs

Le reproche le plus vif adressé par les sondés à la justice porte sur les délais de traitement des dossiers : seuls 10 % les trouvent raisonnables alors que 54 % les qualifient de vraiment insatisfaisants. Ils sont 15 % à estimer satisfaisant le coût d’accès à la justice contre 68 % à être aux antipodes de ce jugement. Haro aussi sur le degré d’informatisation de la justice que 68 % jugent insuffisant contre 10 % qui s’en satisfont.

Très bas aussi le taux de satisfaction s’agissant des moyens de lutte contre la fraude fiscale, des budgets de fonctionnement, de l’adéquation entre les délits commis et les peines prononcées.

Aucun des paramètres proposés aux sondés n’atteint la barre des 50 %; 43 % des personnes interrogées estiment convenable la capacité pour les citoyens d’accéder à la justice dans leur langue et 40 % jugent le personnel de qualité. Ce n’est pas mal mais ce n’est pas rassurant pour autant.

A noter qu’un petit tiers (30 %) considère que les conditions de détention des détenus sont “honnêtes” et qu’une même proportion seulement estime la justice indépendante du pouvoir politique.

Plus de deux tiers des sondés (68 %) estiment qu’il faut accorder davantage de moyens à la justice de notre pays. Ce sont les Bruxellois qui sont les plus nombreux (54 %) à exiger que ces moyens soient très importants. Dix-neuf pour cent plaident pour le statu quo et seuls 6 % considèrent qu’il faudrait ôter des moyens à l’institution.

Les hommes (38 %) et les plus de 55 ans (43 %) sont plus nombreux que les femmes (32 %) et surtout que les 18-34 ans (21 %) a demander beaucoup de moyens supplémentaires.

Sus aux terroristes et aux fraudeurs

Lorsqu’on interroge le panel sur les améliorations dont il fait ses priorités, on s’aperçoit que l’attente principale a trait à la lutte contre le terrorisme : 51 % (49 % des Wallons, 52 % des Flamands et 53 % des Bruxellois) la jugent essentielle et les femmes sont plus nombreuses encore (56 % contre 46 % d’hommes).

Derrière vient la lutte contre la criminalité (45 % mais 53 % des Flamands), la lutte contre la fraude fiscale (33 % mais 39 % des hommes et 44 % des plus de 55 ans contre 27 % des femmes et seulement 24 % des 18-34 ans).

L’attente dégringole lorsqu’il s’agit d’évoquer une meilleure reconnaissance du statut des victimes (17 % la jugent prioritaire); la lutte contre la petite délinquance, qui ne mobilise que 16 % des sondés (mais 20 % des 35-54 ans); la lutte contre la fraude sociale (15 % mais 20 % à Bruxelles); et l’amélioration de l’accès à la justice (10 % mais 16 % à Bruxelles toujours).

© IPM Graphics


Fiche technique du sondage La Libre/RTBF/Dedicated

Le sondage a été réalisé entre le 31 mai et le 6 juin 2016. Les 1.032 répondants ont été sélectionnés dans notre panel en ligne, comprenant plus de 100.000 internautes belges, dans le respect de quotas sur les principaux critères sociodémographiques (province, genre, âge, actifs/non-actifs). L'enquête s'est déroulée par internet : il s'agit donc d'un questionnaire dit "auto-administré". La majorité des questions a été de type « fermé », c’est à dire avec pré-codage des modalités de réponses possibles. Les réponses ont donc été majoritairement de type « assisté ».