Belgique Il n’y a pas que les paysans du champ de bataille qui, dès le lendemain du combat, amassèrent quantité d’accessoires, voire d’uniformes abandonnés sur place. Les Anglais aussi récupérèrent tout ce qu’il était possible de réutiliser.

ON A SOUVENT ACCUSÉ les riverains du champ de bataille d’avoir pillé, déshabillé même, les victimes des combats, s’emparant de casques, de cuirasses, de lances, d’armes et d’autres parties de l’attirail du soldat, qu’ils se seraient empressés de revendre aux premiers touristes ou acheteurs de métaux. Ce n’est pas tout à fait faux. D’ailleurs, les autorités du pays vont très vite s’en inquiéter et ordonner aux maires de punir sévèrement les individus qui seraient reconnus détenteurs d’objets militaires volés.

Ce qui est moins connu, c’est que les Alliés organisèrent, eux-mêmes, un ramassage d’armes, de cuirasses ou d’objets réutilisables en provenance, notamment, des troupes napoléoniennes. Ainsi, le journal "L’Oracle" du 28 juin 1815 annonce que "trois chariots chargés de cuirasses appartenant à la cavalerie française, et qui ont été ramassées sur le champ de bataille, sont arrivés; on va les réparer et elles serviront ensuite à armer notre grosse cavalerie".

Mais la plus belle prise de guerre, celle dont se vanta le colonel sir George A.Wood, commandant en chef de l’artillerie britannique, est incontestablement formée par les 133 canons pris aux Français. Un bien beau butin quand on sait que l’artillerie française présentait, le matin de la bataille, 270 bouches à feu. Ce convoi arriva à Bruxelles le 24 juin et fit l’objet d’une exposition. Quelques canons furent offerts aux Prussiens; d’autres au roi de Hollande… mais la plupart prirent la direction de la Tour de Londres où ils sont toujours exhibés.