Belgique

On n'est pas sorti de l'auberge. L'opération commando de Guy Verhofstadt pour obtenir un gouvernement en affaires courantes aux pouvoirs élargis aux affaires urgentes a fait long feu.

Le concept était pourtant suffisamment compliqué et flou pour avoir toutes les chances de passer le cap. Mais, pour une fois, faisant fi des traditions politiques belges qui veulent qu'un compromis soit incompréhensible pour le commun des mortels, les politiques ont décidé de s'en tenir à l'arithmétique sortie des urnes le 10 juin dernier : il s'impose donc que les battus passent la main aux vainqueurs. Il faut comprendre par là que le CD & V/NV.A veut en être et pas pour jouer les utilités.

Le Roi a donc chargé le Premier ministre sortant, et désormais sorti, d'une mission : l'informer sur les possibilités de la mise sur pied rapide d'un gouvernement intérimaire, chargé des affaires urgentes et entamer des négociations qui doivent conduire à une réforme des institutions. Beau Challenge pour le créatif Guy Verhofstadt.

A ce stade, sa mission relève davantage de la psychanalyse que de la science politique. Car si les choses ont évolué - les francophones acceptent de parler réforme de l'état, le CD & V/NV.A se rend compte qu'il faudra une majorité des deux tiers - la situation ne s'en trouve pas simplifiée pour autant.

Jusqu'il y a trois jours les partis, certains plus que d'autres, il est vrai, s'excluaient joyeusement les uns les autres de la future négociation. Le réalisme a fini par prendre le dessus : il s'agit tout de même, que diable, de former un gouvernement jouissant d'une très large majorité. A force de s'exclure ils allaient finir par n'avoir que des hypothèses de gouvernements minoritaires.

Aujourd'hui, ce ne sont plus les partis qui posent problèmes : plus aucune formation n'en exclut une autre. Officiellement du moins. Les réticences portent à présent sur les personnalités.

Pour s'en tenir au côté francophone, Elio Di Rupo et Joëlle Milquet comptent bien faire payer cash à Didier Reynders l'un la campagne féroce menée à leur égard par les libéraux, l'autre le mépris bleu subi pendant des mois.

Verhofstadt doit confesser tout ce petit monde sur son divan pour voir s'il est possible de faire passer l'intérêt collectif avant la satisfaction des ego personnels.