Belgique

Le syndicat militaire ACMP-CGPM pointait du doigt des manquements au niveau du matériel fourni aux militaires en mission en Estonie, à tel point que des soldats avaient dû s'en procurer par leurs propres moyens et à leurs propres frais. Mais tout est désormais rentré dans l'ordre sur le terrain.

Les 270 militaires belges qui participent à la mission de l'OTAN Forward Presence en Estonie craignent le froid, si bien que le commandement a prévu des cagoules. Et pour cause, les températures frôlent parfois les -10 degrés en semaine. Problème, les cagoules en question datent de 1951, remontant à la guerre de Corée.

Lundi, nous apprenions par l'intermédiaire du syndicat ACMP-CGPM que d'autres éléments du matériel mis à disposition des hommes sur place étaient vieillissants, dont des "couvre-chaussures qui ne correspondent pas aux bottines, des sous-vêtements non adaptés (et plutôt propices au désert), des vieilles vestes d'esquimau, et il n'y a pas de lunettes de protection en suffisance". Entre temps, la firme privée Damart (spécialisée en vêtements chauds) avait alors proposé de fournir gratuitement des cagoules et bonnets techniques de haute qualité aux hommes sur place, en complément de l’équipement prévu par la Défense. Mais l’État-major avait donné l'ordre au détachement sur place de refuser ce geste pour des raisons de marché public.

Le matériel est arrivé à bon port

Suite à une question adressée par le député Michel Corthouts (PS) en commission Défense au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, et de la Défense, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales, Didier Reynders, sur l'équipement des militaires belges participant à la mission de l'OTAN en Estonie, on en sait désormais plus dans cette affaire.

Le ministre a tenu à préciser dans sa réponse que le personnel disposait d'équipements individuels lui permettant d'opérer et de s'entraîner dans des conditions hivernales, comme c'est le cas sur le territoire national. "Cependant, à la suite d'analyses de risque et de reconnaissances sur le théâtre des opérations, nos soldats ont reçu du matériel supplémentaire en provenance de la chaîne logistique militaire belge" a-t-il ajouté.

Des achats de matériel de type "haute montagne" - pantalons et vestes de ski, gants, bouteilles thermos, masques, sacs de couchage extreme cold - ont également été effectués afin que le détachement sur place puisse opérer dans des conditions plus froides que celles que nous connaissons en Belgique. Une partie de ce matériel a été livrée avant le départ, et le reste des articles a été fourni sur le terrain.

"En outre, tous nos soldats sont équipés de lunettes de protection balistique qui répondent aux exigences opérationnelles et climatiques. De manière structurelle, chaque mission fait l'objet d'un cycle de planification prenant en compte l'aspect du matériel et de l'équipement individuel".

Malgré les craintes du personnel, Le syndicat SLFP Défense a par ailleurs tenu à saluer l’état-major de la Défense et le commandement local.  "Tout le débat qui a éclaté dans la presse a jeté le discrédit sur le Département qui, par les difficultés actuelles de recrutement, n’en a certainement pas besoin. Depuis les craintes du personnel, les échanges ont été fructueux et la qualité de l’équipement fourni dans les délais en est bien la preuve" conclut Dimitry Modaert, dirigeant-reponsable du SLFP Défense.