Belgique

C’est l’un de ces débats qui reviennent incessamment sur le tapis politique belge. Sans jamais aboutir à la moindre réforme. Au lendemain des attentats de Paris qui ont placé, bien malgré elle, la capitale belge (et la commune de Molenbeek en particulier) au centre d’un tourbillon médiatique international, la question de la fusion des six zones de police bruxelloises fut à nouveau posée. Une question d’efficacité selon les supporters de cette formule. Quelques semaines plus tard, le MR, via deux de ses élus bruxellois, venait réclamer la réorganisation des frontières communales à Bruxelles. Cette démarche, contestée jusque dans les rangs réformateurs, eut l’heur de raviver certaines craintes francophones quant à une vieille revendication flamande : la fusion des communes bruxelloises.

Jusqu’ici, le CDH avait tranquillement assisté à ces échanges de son balcon. Aujourd’hui, les trois bourgmestres humanistes de la capitale sortent de leur bois (et ce n’est pas celui de la Cambre). Benoît Cerexhe (Woluwe-Saint-Pierre), Joël Riguelle (Berchem-Sainte-Agathe) et Hervé Doyen (Jette) veulent avant tout réaffirmer l’importance de l’échelon local, de la représentation démocratique communale indispensable à leurs yeux à l’appréhension des difficultés quotidiennes rencontrées par la population.

Des arguments aux néerlandophones

"Certains se sont engouffrés dans le débat sur la fusion des zones de police pour imputer à la police bruxelloise une part de responsabilité dans les événements récents, ce qui est scandaleux , assène Benoît Cerexhe . Quant à la sortie inadéquate du MR sur les frontières communales, elle ne fait que donner des arguments à nos collègues néerlandophones qui réclament la fusion des communes." "Ce qui me choque c’est qu’on lance ce débat inutile et improductif au moment où notre jeunesse est en désespérance" , ajoute Joël Riguelle. Et le député mayeur d’indiquer que des problèmes de rues à cheval sur deux communes se rencontrent également en Flandre et en Wallonie. En bref, Bruxelles n’a pas le monopole de certaines absurdités liées aux découpages des frontières communales.

Avec Hervé Doyen, ils invitent plutôt leurs collègues libéraux (que ce soit Els Ampe pour l’Open VLD ou Boris Dilliès pour le MR) à "demander au gouvernement fédéral de cesser de jouer avec les pieds des communes" . Dans leur viseur, le tax shift fédéral qui fait baisser les recettes communales.

Trop d’échevins

"Mais s’il faut avoir ce débat, nous plaidons pour une augmentation du nombre de communes plutôt qu’une diminution" , disent les trois bourgmestres humanistes. Pour eux, il serait parfaitement légitime, à titre d’exemple, de créer deux communes avec les entités excentrées de Haren et de Laeken depuis longtemps absorbées par la Ville de Bruxelles. "On pourrait parfaitement imaginer une région avec 25 communes plutôt que 19." "Et franchement, je pense que les communes peuvent fonctionner avec moins d’échevins" , dit Hervé Doyen. Le CDH propose ainsi de diminuer leur nombre de 25 % à partir de la législature prochaine. On verra ce qu’il en restera lorsqu’il s’agira de créer des majorités et donc de distribuer les postes.