Belgique

Nul ne l’ignore, en période préélectorale la météo politique est invariablement sur beau temps. Les candidats répugnent à annoncer les avis de tempête. Ils adoptent à l’égard des électeurs la tactique des responsables des offices de tourisme : seul le soleil attire le chaland ! Les promesses, il est vrai, n’engagent que ceux qui y croient.

Les circonstances actuelles - une crise financière d’une ampleur inédite qui dégénère en crise économique d’une violence exceptionnelle - empêche cette fois de clamer avec cynisme que demain on rasera gratis. Les citoyens ont la mémoire courte mais comme ils vivent en direct la crise il est impossible de leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Reste donc une tactique : observer le plus grand silence sur l’après 7 juin. Et, en attendant cette échéance, surtout ne rien faire qui puisse inquiéter ou mécontenter les détenteurs des bulletins de vote.

Les gouvernements, tous les gouvernements, y compris celui qui n’est en principe pas concerné par le vote du 7 juin (le gouvernement fédéral), sont donc entrés en léthargie.

Il faut le regretter. Il faut le redouter. La crise qui enfle n’a que faire de l’agenda politique belge.

Le Conseil supérieur des Finances mais aussi l’ensemble des instituts de conjoncture belges ne cessent de tirer la sonnette d’alarme : le budget dérape et dérape de plus en plus. De manière incontrôlée et bientôt de manière incontrôlable, si le gouvernement Van Rompuy n’y prend garde. Ce n’est pas l’argent investi dans le plan de relance qui est responsable de cette dérive. C’est la structure même du budget, dès avant la crise, qui est inadaptée. Et cela depuis de nombreuses années déjà. Les années de croissance ont permis de dissimuler cette "tare génétique". Aujourd’hui, elle revient à la surface et amplifie le "mal belge".

C’est le bureau d’études d’ING qui vient de le révéler. Le taux d’endettement de la Belgique remontera à 94,1 pc du PIB en 2009 alors qu’il était redescendu à 81 pc en 2008. Et de faire ce constat : "l’effet boule de neige sur la dette publique se produira dès cette année". Autrement dit, la dette s’alimente elle-même et accélère le déficit des finances publiques.

Chaque jour d’inaction est un jour perdu. Allez, Messieurs les Ministres, du courage. Agissez ! Tant qu’il est temps.