Belgique

Les indices sont fort légers par rapport à l'inculpation et je puis vous assurer que Wahoub Fayoumi conteste formellement ce qu'on lui reproche", nous disait dimanche Me Delphine Paci, l'avocate de cette journaliste de la RTBF qui a été placée sous mandat d'arrêt pour appartenance à une organisation terroriste, dans la nuit de jeudi à vendredi.

On en saura davantage sur le sort de cette dernière mercredi, car elle passera en chambre du conseil en même temps d'ailleurs que Constant Hormans, un ancien de la bande à Habran, et qu'Abdallah Ibrahim Abdallah, un Libanais inquiété comme les autres pour un projet d'attentat lancé - selon la justice - en collaboration avec le "Parti communiste politico-militaire" (PCPM), un avatar des Brigades rouges italiennes.

Bertrand Sassoye, le n°2 "historique" des Cellules communistes combattantes, les très belges "CCC", comparaît en revanche dès ce lundi devant la même instance, la différence résidant dans le moment de la privation de liberté, jeudi matin pour lui et plus tard dans la journée, pour les autres.

On a, par ailleurs, appris ce week-end que, tout comme le leader des "CCC" Pierre Carette, un autre ami de Sassoye avait été privé de sa liberté conditionnelle. Il s'agit de Jean-François Legros, membre d'une petite mais très violente bande de la région de Gembloux, où l'on avait été jusqu'à tuer pour voler au début des années 90. Legros avait rencontré Sassoye dans des discussions "politiques" organisées en prison. Ensuite, tous étant libérés, les deux hommes s'étaient revus - ce qui était interdit par les conditions de libération - dans des réunions du "Secours rouge", un petit groupe dont la vocation est de soutenir les prisonniers d'extrême gauche. Groupe en partie fondé par Sassoye et fréquenté aussi par Wahoub Fayoumi... Bref, la radiation de sa liberté conditionnelle a ramené Legros en prison.

Une minimanif

Samedi soir, quelques dizaines de personnes (dont des membres du "Secours rouge" et à son initiative) ont manifesté leur soutien à Sassoye, Carette et aux autres devant la prison de Berkendael, puis celles de Saint-Gilles et de Forest, avec force slogans, notamment pour Wahoub Fayoumi, et disant tous protagonistes innocents. Ces manifestants, bien sûr orientés, se posent beaucoup de questions à la suite des arrestations. "Il n'est nullement question de terrorisme", a indiqué Thierry Delforge, pour le "Secours Rouge". "Nos amis n'ont rien fait de plus que de soutenir des prisonniers politiques et ce, sur une base tout à fait légale", estime-t-il. Pour lui, il y aurait un agenda caché, voire un complot d'Etat, a-t-il dit à l'agence Belga. Il s'agit d'"un prétexte. On essaie simplement de créer un climat d'angoisse et de tension [...], le seul objectif est de détourner l'attention de la crise gouvernementale", a-t-il dit.