Belgique

Le comité ministériel restreint a donné vendredi son accord à une participation belge à l'opération militaire française en Centrafrique sous la forme de transport aérien stratégique et tactique, indiqué le ministère de la Défense. A part les équipages des appareils - on évoque une vingtaine de personnes à la Défense - aucun militaire belge ne devrait être déployé au sol, en dépit d'une demande française "informelle" de fournir un détachement pour la protection de l'aéroport de Bangui, la capitale centraficaine.

La participation belge à l'opération française Sangaris en République centrafricaine (RCA) devrait donc être assez similaire - à l'exception des hélicoptères d'évacuation médicale - à celle affectée en début d'année l'opération Serval au Mali, lancée en janvier dernier par Paris pour chasser les groupes islamistes armés qui occupaient le nord du pays.

L'engagement belge au profit de l'opération Sangaris devrait prendre la forme de quatre vols "stratégiques" effectués par l'avion de transport gros-porteur Airbus A330 utilisé par la Défense au cours de la période allant de décembre 2013 à fin janvier 2014 pour transporter du personnel et du matériel entra la France et les pays voisins de la RCA et Bangui et d'un avion de transport tactique de type C-130H "Hercules", a précisé le cabinet du ministre de la Défense, Pieter de Crem, dans un communiqué.

Le C-130 opérera au départ de Libreville, la capitale du gabon, pour une période initiale de deux mois - prolongeable d'un mois - à partir de fin janvier prochain. Il sera mis en oeuvre par une équipe de quelque 35 militaires pour assurer des liaisons internes au théâtre d'opération africain, à la fois entre Libreville et Bangui et à l'intérieur de la Centrafrique.

Cet appareil transportera du matériel français et africain de la mission de l'Union africaine en Centrafrique (Misca) entre les capitales concernées et Bangui.


Plus de 600 morts en une semaine

Les combats et violences inter-religieuses en Centrafrique ont fait "plus de 600 morts" depuis la semaine dernière, selon un nouveau bilan publié vendredi à Genève par le Haut-commissariat aux réfugiés, une agence de l'ONU. "Les combats et les violences inter-religieuses de la semaine écoulée ont provoqué la mort de 450 personnes" (à Bangui), et fait 160 tués "dans d'autres régions du pays", a indiqué un porte-parole du HCR, citant des bilans fournis par la Croix Rouge de Centrafrique et le Conseil danois aux réfugiés. Il a également fait état de 159.000 déplacés dans la seule capitale.

En province, 27 musulmans ont été tués jeudi par des milices d'auto-défense chrétiennes dans un village de l'ouest de la République centrafricaine, a déclaré pour sa part une porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux Droits de l'Homme.

Concernant les déplacés, 38.000 personnes vivent à l'aéroport de Bangui dans des conditions précaires, sans latrines, sans abris, a souligné le porte parole du HCR, Adrian Edwards. Il y a aussi 12.000 personnes réfugiées autour de l'église Saint Joseph Mukassa, qui ne dispose que d'un seul point d'eau.

Le Haut Commissariat relève que la "situation s'est améliorée à Bangui ces derniers jours" mais se "déclare alarmé par les tensions croissantes entre communautés religieuses en Centrafrique". La porte parole du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme a condamné ces violences et a appelé les dirigeants des communautés religieuses à "redoubler d'efforts pour contenir l'intolérance et les violences inter-communautaires".