Belgique

Des cinq suspects interpellés dans le cadre de l'incendie volontaire du Centre culturel kurde de Saint-Josse, quatre sont en aveux, a-t-on appris auprès de la police de la zone de Bruxelles-Nord. L'auteur présumé, âgé de 20 ans, a été placé sous mandat d'arrêt pour incendie criminel commis de nuit dans une maison habitée. Les autres sont des mineurs d'âge, dont le plus jeune a à peine 15 ans.

Quatre personnes avaient été interpellées mercredi par la brigade judiciaire de la police locale, qui avait obtenu des informations du commissariat local de Saint-Josse. L'une de ces personnes a entre-temps été relaxée. Les deux mineurs ont été mis à disposition du parquet de la jeunesse. Jeudi, la police de la zone de Bruxelles-Nord a encore procédé à l'interpellation d'un cinquième suspect. S'ils sont tous en aveux des faits, ils se rejettent néanmoins la responsabilité.

Les quatre suspects sont de nationalité belge mais d'origine turque. La thèse d'un mobile politique est toutefois écartée à ce stade par les enquêteurs. L'incendie serait un acte de vandalisme et, selon la police, les suspects n'ont pas été téléguidés. "A première vue, il ne s'agit pas d'un acte politique", s'est réjoui le bourgmestre Jean Demannez (PS), qui ne veut toutefois pas minimiser la gravité des faits.

Le Centre culturel kurde de St-Josse, situé rue de Liedekerke, a été incendié dans la nuit du 31 mars au 1er avril. Des incidents avaient suivi dimanche. Les Kurdes avaient manifesté devant leur centre incendié en proclamant des slogans considérés comme provocateurs par la communauté turque de Saint-Josse. La police, qui s'était interposée entre les deux communautés, avait fait usage des arroseuses et procédé à des arrestations. La tension entre les deux communautés s'est depuis quelque peu apaisée. Un local a été temporairement mis par la commune à la disposition de la communauté kurde pour ses activités culturelles. Les trois ménages qui habitaient au-dessus du centre incendié ont été pris également en charge par la commune, leur logement restant inhabitable. (Belga)