Belgique

Depuis la mise en place du décret inscription en Fédération Wallonie-Bruxelles, l’encre n’a cessé de couler dans nos journaux et certains parents peu scrupuleux ont manifestement trouvé des solutions afin de contourner la loi ou plutôt le décret. Et si ce décret est loin de faire l’unanimité puisque chaque année c’est la même rengaine, il n’est pas question de tolérer la fraude quelle qu’elle soit.

La DH s'est penchée sur ces fraudes qui se mettent en place et qui, in fine, pénalisent tous ceux qui jouent ou essayent de jouer le jeu avec honnêteté.

Nos confrères ont ainsi été contactés par un papa, qui préfère conserver l’anonymat, ne souhaitant hypothéquer les rares chances qu’a son enfant d’intégrer l’école de son choix.

Il s’est donc résolu à écrire un courrier à la ministre Simonet, après avoir reçu de la Ciri (Commission interréseaux des inscriptions) un courrier lui indiquant les différents classements dans les listes d’attente des écoles souhaitées : “En tant que parents, nous sommes réellement effondrés et désabusés. Nous ne trouvons ni les mots, ni les arguments pour réconforter notre fille en pleurs depuis la prise de connaissance de la nouvelle. Celle-ci se sent exclue et victime d’une profonde injustice. Ne sachant pas de quoi son avenir sera fait, trouvez-vous normal que notre enfant aborde la dernière ligne droite de sa scolarité primaire avec une totale démotivation ?”

Plus loin, notre interlocuteur précise à la ministre de l’enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les types de fraudes rencontrées. Il donne même des noms que la DH évitera évidemment d’utiliser. “Trouvez-vous normal que votre décret pousse à la fraude et à la malhonnêteté ? Les domiciliations fictives pour augmenter l’indice géographique, les fausses séparations et fausses familles recomposées afin de bénéficier de la priorité fratrie, et les inscriptions bidons en internat donnant droit à un accès prioritaire dans cette école ne constituent pas des cas isolés mais sont aujourd’hui de véritables filières organisées en constante augmentation. Outre le lamentable exemple donné aux enfants, ces tricheries, prouvées et prouvables, ne sont-elles pas juridiquement susceptibles de mettre en doute la validité du décret tout entier ?”

En prenant connaissance de ces fraudes, il est clair que le décret inscriptions doit être revu complètement. Mais restons de bon compte, la ministre en charge de l’Enseignement qui doit dans le cadre de ses fonctions assumer les dommages collatéraux et les invectives nombreuses, est membre d’un gouvernement qui est entièrement responsable de ce décret.

Place à la délation?

Pour le cabinet Simonet, il est nécessaire de renforcer les contrôles au niveau communal. “Certaines communes en sont conscientes”, poursuit Eric Etienne, qui nous livre également un témoignage auquel il a été récemment confronté : “Une dame nous a téléphoné pour nous expliquer le genre de fraudes auxquelles elle avait été confrontée car des gens se vantent d’avoir réussi à faire inscrire leur enfant dans une école en trichant. Elle a cependant refusé de nous donner des noms, elle ne veut pas faire de délation.”

Par contre, l'entourage de la ministre aurait plutôt tendance à l’encourager : “Que les gens qui connaissent des cas écrivent à la Ciri pour leur en faire part en donnant les noms. Si la Ciri n’a pas une mission de police, elle peut normalement activer une commune et l’inspection scolaire afin de faire vérifier s’il y a eu fraude ou non.”

Lisez le témoignage de ce père en colère sur DH.be