Belgique

Dire ce qui peut se passer dans les semaines et les mois à venir, en politique, tient du pari impossible dans un pays où le lendemain est déjà incertain. Néanmoins, tentons de dégager quelques hypothèses pour nos lendemains. Chanteront-ils ?

1 Y aura-t-il un accord le 15 juillet ? Bien malin qui peut le prédire. S'il fallait s'en tenir aux signes avant-coureurs, on serait plutôt tenté d'écrire que la négociation budget-réforme sociale-fiscale-institutionnelle est vouée à l'échec. Trois raisons :

- Yves Leterme ne propose rien, rien, rien. Sa stratégie n'est toujours pas claire. A moins qu'il ne pratique la terre brûlée : ne rien faire pour démontrer que tout accord est impossible. Au gouvernement, on ne croit pas à cette technique jusqu'au-boutiste et on lui prête, au moins, le bénéfice du doute. Ses collègues vice-Premiers sont même persuadés qu'il est prêt au compromis. Lui, oui. Mais son parti ?

- Entre francophones, ce n'est pas la joie. L'un veut une réforme fiscale, les autres une réforme sociale. Compatibles, leurs demandes ? Oui. Pendant 8 ans, socialistes et libéraux ont partagé le pouvoir et se sont répartis les avancées. A l'époque, il y avait les fruits de la croissance comme on les appelait. Aujourd'hui, il n'y a plus rien. Les caisses sont vides.

- Sur le plan institutionnel, les francophones ont bien signé ensemble une sorte de note de référence qui les engage. Mais les sensibilités ne sont pas identiques, loin de là. Quand on gratte un peu, on voit bien que les exigences du FDF - et donc du MR - et celles des autres partis, sur BHV et la périphérie, ne sont pas identiques. On verra à l'usage, si tant est qu'on en arrive un jour à négocier l'avenir de BHV.

- La radicalisation des partis flamands. Il suffit d'avoir à l'esprit la dernière déclaration de la présidente du CD&V, Marianne Thyssen, pour se faire une idée : finie la solidarité fédérale si la Flandre n'obtient pas de réforme institutionnelle. Quand on sait qu'elle n'a pas pu parler sans l'aval d'Yves Leterme, on frémit.

2 En cas d'échec, que peut-il se produire ?

Deux scénarios d'élections anticipées circulent.

Le premier ? On organise des élections fédérales et régionales à l'automne. Impossible ? Juridiquement, constitutionnellement, c'est possible, même sans avoir résolu le casse-tête BHV. Car ce sont les assemblées qui valident le scrutin. Mais politiquement... Il faudrait que les majorités régionales se sabordent. C'est risqué. Vu l'état délétère dans lequel on se trouve, rien ne dit que l'opinion n'exprimerait pas un énorme ras-le-bol. En Flandre surtout où les partis populistes sont légion. Donc, l'arme électorale est à manier avec une extrême prudence. L'autre scénario est celui du jumelage d'élections, en juin prochain : régionales et fédérales. Dans l'espoir enfin de repartir du bon pied. Avec quel Premier ministre ? Qui parierait encore un kopeck sur M. Leterme ?

Dernière possibilité, à garder à l'esprit quand même. Un accord en juillet, des élections régionales en 2009 et fédérales en 2011. Qui peut encore y croire ?